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LA RÉSISTANCE DE PLAYA SALCHI (FRA)

RAPPORT DE LA BRIGADE INTERNATIONALISTE CONTRE LA PRIVATISATION DE « PLAYA SALCHI »

Introduction

Les 25, 26 et 27 mars 2026, un groupe de camarades du « Nodo Solidale », du Collectif zapatiste de Lugano, du SOA « Il Molino » ainsi que d’autres personnes solidaires venues d’Italie et de Suisse a mené une brigade internationaliste en solidarité avec la lutte contre la privatisation de la « plage de Salchi », sur la côte d’Oaxaca, au Mexique.

Les collectifs mentionnés ont été invités par le Comité de défense des droits autochtones (CODEDI) — une organisation populaire, présente dans plus de 25 communautés de la région et qui lutte depuis 1998 pour la défense de son territoire — afin de découvrir le cas emblématique d’expropriation et de spéculation foncière qui porte préjudice au camarade paysan Miguel Sánchez Hernández. Au cours de ces trois jours d’échanges de connaissances, d’ateliers, de jeux avec les enfants et de pratiques de lutte, plusieurs entretiens ont été menés avec les personnes impliquées dans cette lutte pour la défense du territoire, dont la synthèse est présentée dans ce rapport et dans une vidéo qui sera publiée prochainement.

Contexte de la « question foncière » au Mexique

Au Mexique, à la suite de luttes séculaires, de guerres paysannes et de révolutions, il existe un système de propriété foncière qui reconnaît, outre la propriété publique et privée, la propriété sociale (donc collective) des terres. Une réalité qui couvre plus de la moitié du territoire national. Concrètement, à partir de la révolution d’Emiliano Zapata et de Francisco Villa, le caractère inaliénable de la terre et sa redistribution en noyaux agraires connus sous le nom de « ejidos » et de terres communales ont été consacrées dans la Constitution de 1917. Cette redistribution a eu lieu à partir de la fin des années 1930 et s’est prolongée jusqu’en 1992, année où une réforme constitutionnelle a autorisé la vente partielle des terres des ejidos. Les ejidos ont été attribués par décret présidentiel, tandis que les terres communales l’ont été sur la base de la reconnaissance des terres «ancestrales», telles qu’elles ont été définies par les documents et accords signés entre les peuples autochtones et la Couronne espagnole à l’époque coloniale.

En général, l’utilisation de ces terres collectives est gérée par l’assemblée des « ejidatarios » ou des « comuneros », en tant qu’autorité locale suprême, dans le cadre juridique de la réforme agraire. Ce sont des terres qui peuvent être transmises de père en fils ou échangées au sein du noyau agraire, mais qui ne peuvent être revendues en dehors de celui-ci (sauf exceptions spécifiques). Ce système de gestion des terres représente une véritable forme de pouvoir communautaire, paysan et souvent autochtone, dans lequel s’ancrent ce qu’on appelle les « us et coutumes » (pratiques coutumières).

La terre, c’est la liberté

Au Mexique, les terres collectives, du moins formellement, concernent environ 100 millions d’hectares, gérées par plus de 30 000 noyaux agraires. Ce système a été constamment érodé par des lois, des décrets et des tentatives de réformes constitutionnelles, ainsi que par des pratiques de fait menées par les grandes entreprises et les consortiums économiques et politiques nationaux, tous intéressés à réduire l’espace d’autonomie des paysans et des peuples autochtones du pays. Toutes ces terres « légalement soustraites » au marché capitaliste s’avèrent, en effet, très attrayantes pour de multiples acteurs économiques et politiques.

Ces dernières années, le crime organisé a pris part au pillage constant à l’encontre des peuples autochtones et des paysannexs, intervenant comme bras armé tant dans les territoires où ont été implantés des mégaprojets promus par le gouvernement (comme par exemple  le Corridor interocéanique de l’isthme de Tehuantepec ou encore le « Train maya » – un réseau de chemin de fer interurbain qui traverse la péninsule du Yucatán), mais également au niveau local en passant des accords avec des entrepreneurs ou hommes politiques visant à réaliser des gains juteux sur des parcelles de terres collectives.

Il est important de mentionner qu’au Mexique, au cours des 20 dernières années, plus de 500 000 personnes ont été assassinées et quelque 134 000 sont portées « disparues ». Le pays vit une guerre de fragmentation territoriale : une guerre civile « anormale », intermittente, asymétrique, dispersée mais profondément violente ; tout cela forme un système complexe d’expropriation à plusieurs niveaux qui, chaque jour, attaque, réduit et brade les terres collectives et s’acharne contre ceux qui les défendent.

Le cas de la plage de Salchi est un exemple parmi des milliers d’autres, le long de toutes les côtes du Mexique.

Brève histoire du vol des terres à Salchi

La plage de Salchi fait partie de l’ensemble des « terres communales » de San Pedro Pochutla, dans l’État d’Oaxaca. Des terres qui, avec la création du complexe touristique de « Bahías de Huatulco » au début des années 90, ont subi une privatisation rapide et illégale. Le mécanisme le plus utilisé a été la vente de terrains via des documents frauduleux signés par le commissaire du « Service chargé des biens communaux ». Le commissaire est la figure élue par l’assemblée des communaux qui est censé protéger et gérer les terres collectives, mais il devient souvent précisément l’autorité agraire locale la plus facile à corrompre par les intérêts accapareurs (ou éliminable par ceux-ci lorsqu’il refuse, au contraire, de se prêter au jeu). Très souvent, les commissaires des biens communaux deviennent ainsi les principaux complices des entrepreneurs : ils reçoivent de ces derniers des pots-de-vin ou une commission pour les terres cédées, bien que les titres de propriété délivrés n’aient aucune valeur formelle devant le tribunal agraire ni le cadastre, c’est-à-dire ces institutions qui, partie inhérente du même système de corruption généralisée, restent éternellement aveugles face à ces violations chroniques.

Playa Salchi

La plupart des villas que les riches érigent sur les côtes du Mexique ont été construites grâce à ces permis falsifiés et sur des terres communales autochtones ou paysannes.

La baie de la plage de Salchi se situe à l’embouchure sur le Pacifique d’une parcelle de 28 hectares de terres communales attribuée à Miguel Sánchez Hernández, un paysan de 87 ans, qui en prend soin depuis qu’il en a hérité, à des fins agricoles, de son grand-père adoptif. Depuis les premières tentatives de privatisation, Don Miguel a refusé de céder les terres qui lui ont été attribuées pour la construction de zones touristiques. Mais son refus, en tant que propriétaire officiel, s’est avéré totalement inefficace pour empêcher leur privatisation.

En 2000, David Ortega del Valle lui a proposé de vendre 10 hectares de terrain « en bord de mer » à un consortium immobilier canadien, avec la promesse initiale d’un paiement pour ces terrains. Accord qui, à ce jour, n’a pas été respecté. Dans cette zone, au cours des dernières années et jusqu’en 2025, 42 logements avec « vue sur la mer » ont été construits, occupés la plupart du temps de façon saisonnière par des retraité·es canadien·nes. Au fil des ans, Miguel Sánchez a tenté de récupérer ces terres avec le soutien de diverses organisations sociales et de défense des droits humains, parmi lesquelles le CODEDI, qui organise depuis longtemps des comités locaux dans la région pour la défense des droits autochtones et se mobilise pour promouvoir la résistance contre les projets capitalistes et extractivistes sur les territoires autochtones, en particulier sur la côte et dans la Sierra Sur de Oaxaca.

En 2017, le CODEDI et d’autres organisations locales alliées ont commencé à cultiver de manière cyclique les quelque 14 hectares de terres qui avaient échappé à la « touristification », en y plantant du maïs, des courgettes et des haricots, ainsi que d’autres denrées alimentaires destinées aux familles des communautés de l’organisation.

En juillet 2018, le coordinateur local du CODEDI, Abraham Hernández González, a été enlevé près de la plage puis assassiné : son corps a été retrouvé dans la localité voisine de Cuatunalco. Les circonstances de ce meurtre n’ont jamais fait l’objet d’une enquête et, à ce jour, les responsables jouissent d’une impunité totale. Cet événement dramatique a aggravé le conflit foncier à Salchi et mis en évidence la complicité du crime organisé avec les entrepreneurs impliqués. « Depuis août 2020, raconte Miguel Sánchez, j’ai été la cible de tentatives répétées d’expropriation de mes terres et de mon logement, avec des personnes cagoulées et armées qui me surveillent et effectuent des rondes incessantes ». En effet, M. Miguel dénonce que, lors d’une Caravane d’observation des droits humains, en septembre 2025, huit fourgonnettes transportant des personnes armées sont arrivées et qu’à cette occasion, il a été enlevé, menacé de mort, agressé et frappé, insulté avec des obscénités et des humiliations de toutes sortes, ce qui a compromis son état de santé au point qu’il a dû subir une opération d’urgence.

la “colonia” canadiense

Nous avons été informéexs d’au moins deux autres actes d’intimidation survenus lors d’activités publiques :

– Le 7 juin 2025 s’est tenu le « Forum pour la défense de la terre et des droits agraires des paysans de la côte », auquel ont participé 17 organisations dénonçant la tentative d’expropriation à Playa Salchi. Au cours de cet événement, 16 personnes armées liées au « Cartel del Despojo » (cartel de la spoliation) ont fait irruption sur les terres de Miguel Sánchez, le menaçant de mort afin d’imposer un autre projet touristique.

– Le 29 janvier 2026, un groupe de civil·es, parmi lesquels se trouvait le Colombien Arturo Peralta (responsable du projet immobilier du consortium canadien susmentionné), a fait irruption sur les terres de Miguel Sánchez, qui ne sont pas encore envahies par la « touristification », avec des pelleteuses et des engins de chantier, accompagné de trois patrouilles de la police d’État. Au cours de cette agression, les pelleteuses, escortées par les forces de sécurité et par certains civils armés, ont complètement démoli quelques petites maisons et constructions dispersées sur les terres agricoles, également utilisées par d’autres paysannexs qui viennent souvent aider Don Miguel à travailler la terre. Armes à la main, les insultes et les menaces se sont multipliées à l’encontre du vieux paysan et des autres personnes présentes. La participation de la police d’État, en protégeant manifestement une agression illégitime et illégale aux côtés de civils armés non identifiés, illustre encore plus la complicité des institutions avec les agissements criminels du « Cartel del Despojo ».

En tant qu’internationalistes, nous ne pouvons manquer de souligner la similitude effrayante entre ce dernier événement et les bulldozers de l’armée israélienne en Palestine qui, au nom des lois tordues du « colonialisme de peuplement », fortifient les zones accaparées par les colons « blancs » et démolissent, armes à la main et avec violence, les maisons des autochtones, des paysans et des bergers de la région. Ceci nous rappelle à quel point le capitalisme déploie, dans différentes régions du monde, les mêmes mécanismes coloniaux et racistes de discrimination, de nettoyage ethnique, d’expropriation et de criminalisation.

Le « Cartel de la spoliation »

Don Miguel, les camarades du CODEDI et d’autres organisations alliées, réunis pour défendre la plage de Salchi, signalent qu’il existe un groupe de personnes, parmi lesquelles se trouvent certains fonctionnaires du parti Morena (parti au pouvoir au niveau de l’État ainsi que fédéral) qui — de mèche avec les commissaires des biens communaux, les autorités du tribunal agraire, les forces de l’ordre et le crime organisé — s’enrichissent en orchestrant la privatisation des plages et des terres communales sur la côte d’Oaxaca.

Outre le cas de Salchi, d’autres affaires ont été rendues publiques, notamment sur la plage voisine de « El Coyote » et de la plage de « El Coyul » (à plusieurs kilomètres plus au sud). Ce groupe de personnes, surnommé le « Cartel de la spoliation », applique partout le même mode opératoire : il envoie des hommes armés pour intimider et expulser les paysannexs par la menace et la violence ; ensuite il s’approprie les terres en simulant la légalité à l’aide de documents délivrés par des autorités agraires corrompues ; terres qu’il revend à des consortiums immobiliers étrangers en spéculant sur chaque mètre carré de terre volée (une parcelle de 200 m², soustraite par la tromperie et la violence, se revend entre 50 000 et 100 000 euros — soit entre 1 et 2 millions de pesos mexicains). Les groupes immobiliers revendent à leur tour, à des prix stratosphériques, les « petites maisons en bord de mer » sur le marché de leurs territoires d’origine (souvent les États-Unis, le Canada, l’Union européenne, mais aussi l’Arabie saoudite et la Russie), en facturant en dollars. Les flux financiers générés par cette spéculation sont colossaux et ne profitent qu’à ceux qui sont déjà riches : fonctionnaires, entrepreneurs et mafieux.

Le résultat de toute cette opération mafieuse n’est rien d’autre qu’une gentrification des plages fondée sur un modèle extractiviste qui, comme le répètent nos interlocuteuricexs, ne peut fonctionner qu’avec le soutien complice des institutions, dont les opérations irrégulières sont facilitées par des pots-de-vin substantiels.

Les acteurs locaux et nationaux de ce « cartel », désignés comme les principaux bénéficiaires du vol de terres, sont les députés fédéraux Alejandro Avilés Álvarez (du Parti vert écologiste du Mexique, mais affilié au Parti Morena) et Juan Hugo de la Rosa (Morena), l’assistant juridique Orlando Acevedo (du Parti PRI), l’ancien commissaire aux biens communaux de Pochutla, Jesús « Chucho » Reyes, David Ortega del Valle (directeur de la gestion environnementale au ministère de l’Environnement de l’État d’Oaxaca), le politicien local Alfonso Esparza, l’homme d’affaires Israel Carreño Morales (responsable de l’accaparement de la plage El Coyote) et le comptable Sergio Castro López. Ainsi, le groupe opère en toute impunité grâce à la protection d’acteurs des trois niveaux de gouvernement (municipal, étatique et fédéral) et avec la participation tant des partis de la majorité que de l’opposition.

Le « blanchiment » de la côte : spoliation et blanchiment d’argent (*)

(* Ce chapitre est un extrait d’un article de Kino Balu: https://elgirodelarueda.net/despojo-playa-salchi-castro-lopez-oaxaca/)

Construcciones ilegales

Le conflit de « Playa Salchi » est en quelque sorte l’emblème de l’offensive d’expropriation territoriale et de marchandisation du littoral d’Oaxaca : un véritable terrain d’expérimentation. C’est ici que s’entremêlent les activités financières criminelles historiques de personnages tels que Sergio Castro López (un comptable d’origine modeste qui a gravi les échelons jusqu’à devenir un blanchisseur de milliards, en perfectionnant ces « montages fiscaux agressifs » qui ont permis à des gouverneurs et à des entreprises d’échapper largement à leurs obligations fiscales. Son entreprise — « Inteligencia de Negocios » — a servi de centre opérationnel à des réseaux de 150 prête-noms, brassant plus de 100 milliards de pesos dans des opérations de blanchiment), et celle d’opérateurs politiques locaux, protégés par des partis tels que Morena et Verde Ecologista ou encore soutenus par la «Quatrième Transformation» au sein du gouvernement et de ses centres d’intérêt.

Ce phénomène révèle une tendance : les projets hôteliers sur des terrains expropriés ne sont pas seulement des opérations immobilières, mais aussi des mécanismes de blanchiment d’argent. Les hôtels permettent de justifier d’énormes flux financiers, tout en générant des actifs immobiliers sur des territoires stratégiques. La côte d’Oaxaca, avec son potentiel touristique et sa faiblesse institutionnelle, offre les conditions idéales pour cette symbiose entre l’expropriation territoriale et le blanchiment d’argent. Le gouvernement ne se contente pas de tolérer ces opérations, il les intègre organiquement à son propre projet politique, démontrant ainsi que la soi-disant « Quatrième Transformation » peut cohabiter sans problème avec les formes les plus sophistiquées de la criminalité capitaliste.

Un modèle d’expropriation intégrale, dans lequel l’appropriation du territoire s’entremêle avec le contrôle politique, le blanchiment d’argent et la cooptation institutionnelle pour créer des enclaves de totale impunité, et qui opère en plusieurs phases : tout d’abord, l’identification de territoires stratégiques abritant des communautés institutionnellement affaiblies ; ensuite, la construction d’alliances avec des acteurs politiques locaux ; troisièmement, le développement de projets immobiliers justifiant le blanchiment d’argent ; quatrièmement, la neutralisation des résistances par la cooptation ou la criminalisation des opposantexs.

Hotel recuHôtel construit sans permis sur des terres accaparées et récupéré par la communauté

Don Miguel Sánchez, âgé de 87 ans et fort de plus de soixante ans de travail sur ces terres, incarne tout ce que ce modèle cherche à éliminer : la mémoire historique, les droits territoriaux ancestraux et la résistance paysanne.

Sa spoliation n’est pas fortuite : elle est méthodique.

La résistance et les alliances

Don Miguel Sánchez Hernández n’est pas seul. Il bénéficie du soutien du CODEDI et des organisations sociales de la gauche anticapitaliste du FORO (Front des organisations d’Oaxaca), ainsi que d’autres alliés stratégiques qui ont réussi à faire de cette affaire un exemple de résistance et non d’expropriation silencieuse, comme cela s’est malheureusement produit dans de trop nombreux cas similaires sur la même côte d’Oaxaca, ainsi que dans d’autres régions du Mexique.

Comme nous l’avons déjà mentionné, en juin 2025, parmi les dunes contestées de la plage de Salchi, 14 organisations locales se sont réunies, convoquant la Misión de Observancia de los Derechos Humanos (Mission d’observation des droits humains), qui a été menée les 12 et 13 juillet 2025. La mission a rédigé un rapport détaillé sur la violation des droits humains sur les plages de Salchi et de El Coyote. La mission a réuni 17 organisations de la société civile, des représentants légaux du syndicat des enseignants de la Section XXII de la CNTE à Oaxaca, ainsi que des citoyens et des avocats de la société civile appartenant à des organisations civiles, toutes ayant une longue expérience dans la défense des droits humains et collectifs dans l’État d’Oaxaca.

Les organisations suivantes ont participé et participent toujours à la surveillance constante du territoire et de la situation : CODEDI, CODEPO (Comité de défense des droits du peuple d’Oaxaca), 14 DE JUNIO, CCCP (Conseil des communautés paysannes et prolétariennes), COCISS (Conseil des communautés autochtones de la Sierra Sur), APIIDTT (Assemblée des peuples autochtones de l’isthme pour la défense de la terre et du territoire), l’ONG EDUCA, MIUCO (Femmes autochtones et afro-descendantes unies pour le bien de la côte d’Oaxaca), FPR (Front populaire révolutionnaire), FIZ (Front autochtone zapotèque), l’Assemblée de la communauté autochtone de Puente Madera, l’Assemblée de la communauté autochtone de El Coyul et la coopérative Cimarronez.

De plus, au fil des ans, le CODEDI a construit un réseau de collaborations et d’alliances nationales et internationales avec d’autres organisations autochtones, dont certaines sont liées au Congrès national autochtone (CNI), ainsi qu’avec des collectifs européens qui soutiennent le zapatisme, comme par exemple les collectifs qui ont participé à l’élaboration du présent rapport. Grâce à ces contacts, une visite d’information et de solidarité d’une brigade d’activistes italiens a pu être organisée fin juillet 2025, ainsi que la visite de l’actuelle Brigade internationaliste, fin mars 2026.

Les collectifs impliqués se sont engagés à continuer de surveiller, même à distance, la situation d’appropriation illicite et de répression potentielle de la résistance sur les terres de Miguel Sánchez Hernández.

L’utilisation autogérée des espaces et des champs

Les 14 hectares de terres qui résistent encore à l’avancée de la colonisation immobilière et touristique sont cultivés de manière cyclique avec du maïs, des haricots, des courgettes, des papayes et d’autres fruits de saison. Les camarades du CODEDI organisent des « tequios » avec les comités locaux de leur organisation pour démontrer une utilisation saine, alternative, écologique et autogérée des champs, en opposition au modèle extractiviste des consortiums immobiliers.

À Playa Salchi, ces deux modèles diamétralement opposés s’affrontent physiquement et politiquement.

Le CODEDI s’inscrit dans une longue tradition de processus autogérés, s’appuyant sur l’expérience de l’insurrection et de la Commune d’Oaxaca de 2006, et s’est, dans une certaine mesure, inspiré des processus autonomes de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN), du CIDECI au Chiapas et des autres peuples autochtones du CNI. Fort de cette dynamique, il a créé en 2013 un Centre de formation dans l’ancienne Finca Alemania (Sierra Sur) où les enfantexs et les jeunes des communautés et villages peuvent étudier et apprendre divers arts et métiers, à travers un processus pédagogique empirique et autonome. Ce modèle libertaire d’« école vivante » est régulièrement transposé à Salchi, où des ateliers sont organisés pour les enfantexs et les adolescentexs dans les locaux d’un grand hôtel illégal et moderne, construit sans aucun permis à quelques mètres de la plage et récupéré par la suite par ceux qui défendent le territoire.

Graffitis à Playa Salchi

Au cours des premiers mois de 2026, par exemple, plusieurs rencontres et ateliers pour les enfantexs ont eu lieu à Playa Salchi, abordant des thèmes tels que la biologie marine, l’alimentation saine face à la malbouffe, la médecine naturelle et l’histoire orale à travers des espaces offerts aux conteurs coutumiers. Les ateliers sont généralement animés par des collectifs solidaires qui se consacrent aux thèmes mentionnés et s’adressent principalement aux élèves de la petite école autonome de Finca Alemania ainsi qu’ aux enfantexs de Salchi en général.

En s’appuyant sur des expériences, surtout urbaines, d’autogestion et d’autonomie, les collectifs et les personnes qui participent à la Brigade internationaliste considèrent cette forme d’organisation  — l’autogestion collective des espaces et des terres — comme l’un des éléments fondamentaux et décisifs pour la construction d’autres mondes possibles. En effet, comme nous l’enseigne l’histoire des nombreuses expériences de lutte tout au long de l’histoire du Mexique, la création de l’autonomie et de modes de vie autogérés est une voie qu’il faut emprunter et intensifier avec détermination et constance, en tant que formes de gestion collective des corps, des esprits et des territoires.

Dans ce contexte, et pour créer des formes de lutte et d’union qui s’opposent aux dynamiques de spoliation et de pillage des territoires, la proposition du CODEDI devient un élément fondamental de construction et d’opposition.

La création d’un futur « Centre communautaire de formation » dédié à l’enfance et à la jeunesse, sur les mêmes terres que celles que le système capitaliste tente d’arracher aux populations locales, est une vision particulièrement audacieuse et combative, dans un panorama mondial de plus en plus complaisant et résigné. A l’inverse, ce projet prend clairement position et choisit son camp.

Activité de la petite école autonome de l’ancienne Ferme Alemania

Il nous semble donc essentiel de souligner la volonté d’intensifier les efforts et de consacrer plus de travail, plus de prise en charge et de formation spécifique envers les jeunes générations, ainsi que celle de maintenir la construction pratique et réelle d’alternatives collectives autonomes, qui permettent de visualiser et de mettre en place des laboratoires efficaces de contre-pouvoir face au capitalisme. Élaborer des pratiques qui proposent en même temps des formes ou des foyers de résistance face à la domination de plus en plus totalitaire de l’union indissoluble entre le capital, la mafia et l’État. Une situation qui — compte tenu également de la précarité ou de l’absence totale de perspectives d’emploi, d’émancipation et d’autodétermination — a forcé de très nombreuses personnes, en particulier les jeunes, les pauvres et les femmes, ces dernières années, à rejoindre la main-d’œuvre précaire, n’ayant pas d’autre choix que de se soumettre à l’exploitation dans les usines maquiladoras, dans les emplois précaires et mal rémunérés et exploités au Mexique ou aux États-Unis, au travail du sexe ou, en dernier recours, de s’enrôler comme main-d’œuvre au service du crime organisé.

Se réapproprier un territoire où l’on subvient à ses propres besoins, en cultivant des denrées alimentaires de base qui peuvent également générer une autosuffisance économique, devient une forme de « barricade sociale, politique et culturelle » face à l’avancée du système criminel/mafieux de l’État et des principaux intérêts économiques, privés ou publics. Dans un système qui fait de la guerre sa doctrine et son mode d’imposition au monde, l’effort en cours pour le contrer par des pratiques collectives, autogérées et autonomes devient donc non seulement un NON à la privatisation-spoliation, mais aussi un OUI à un autre monde possible.

Conclusion : la « touristification » comme instrument colonial de spoliation

Pour le vieux paysan Miguel Sánchez Hernández et les habitants de Playa Salchi et de ses environs, l’agriculture, tout comme la pêche en rivière et en mer, constitue l’une des principales activités et une source fondamentale de subsistance pour les familles. Ces pratiques économiques et traditionnelles ont subi de profondes transformations ces dernières années, en raison d’une logique qui vise à instaurer un « développement » dans cette région, par le biais d’un tourisme de masse destructeur et de projets d’infrastructures logistiques, dont des routes reliant Oaxaca à Guerrero et Veracruz dans le cadre des projets complémentaires au grand chantier du Corridor interocéanique de l’isthme de Tehuantepec (CIIT). Cela a eu un impact négatif sur la forme de la propriété sociale et a introduit dans la région une vision mercantiliste de la terre, favorisant le blanchiment d’argent et la la livrant aux intérêts des agences immobilières et de spéculateurs.

Les grandes infrastructures et les pôles touristiques — en contradiction avec le discours officiel et « progressiste » du gouvernement — s’abattent sur les terres autochtones comme des projets néocoloniaux impitoyables. Ce sont de véritables formes contemporaines de conquête qui s’attaque à un mode de vie de subsistance, considéré par le système capitaliste comme étant primitif, superflu et inutile économiquement.

La « touristification » massive des ressources naturelles et, en particulier, de territoires spécifiques, n’est absolument pas nouvelle pour nous. Nous aussi, en tant que personnes présentes ici avec la Brigade internationaliste, nous vivons ou avons vécu sur des territoires dont l’exploitation, liée à la privatisation des terres et des ressources (eaux, forêts, jungles, montagnes), a généré d’immenses quantités d’argent à blanchir, contribuant massivement à la dévastation sociale, culturelle et territoriale en cours.

C’est une tempête planétaire qui vient de loin et qui balaye toute forme de vie ne s’adaptant pas au capital. Une forme de nécropolitique ou de capitalisme gore qui ne sait plus quoi faire des corps excédentaires, improductifs et qui ne se plient pas aux diktats du système. Et qui, en même temps, accapare les richesses et les ressources naturelles des communautés locales pour les valoriser dans son propre modèle économique.

Une guerre qui, historiquement, par ses spécificités coloniales et de domination, a dévasté des territoires et des populations entières, créant un contexte de dépendance et d’exploitation, à l’origine de l’enrichissement, d’une certaine suprématie, d’un développement mal défini et aussi — ne l’oublions pas — de certains « droits » conquis dans le monde occidental, un Occident depuis toujours prédateur et colonial.

« Le cas de Playa Salchi symbolise l’un des défis fondamentaux de notre époque : faire face à des formes de criminalité qui ont réussi à se fondre parfaitement dans les structures légales et institutionnelles. Il ne s’agit pas de délinquants opérant en marge du système, mais de délinquants qui sont le système lui-même », résume Kino Balu.

Playa Salchi devient ainsi en un paradigme de l’expropriation coloniale, répandu non seulement au Mexique mais dans de nombreuses régions de la planète, où les terres riches en diversité et en humanité du soi-disant « Sud global » sont arrachées à leurs populations respectives, marchandisées et rendues hyper-productives afin d’intensifier un tourisme agressif, riche et « blanc », qui se moque éperdument des spécificités des communautés locales. Un tourisme qui privatise les ressources, fait grimper le coût de la vie de manière insoutenable et expulse les pauvres des lieux touristiques ou les exploite en tant que main-d’œuvre bon marché.

Une gentrification et une « touristification », à la fois massives et destinées aux élites aisées, avec pour résultat que des populations entières, des zones géographiques et des territoires perdent leur mémoire, leur dignité et leurs perspectives de vie, les reléguant aux marges du système économique actuel.

La résistance

Une dignité, comme le montrent les initiatives décrites ici,  qu’il est possible de retrouver par l’action directe dans la résistance, la reconnexion avec la terre et la nature, ainsi que par l’autogestion collective des espaces et des temps.

Face à cette machine d’expropriation, les communautés de la Sierra Sur et de Playa Salchi ont développé des exemples de résistance qui vont au-delà de la simple défense du territoire. Leur lutte remet en cause le modèle de développement en lui-même, qui considère les territoires comme des marchandises et les communautés comme des obstacles au progrès.

Ici, comme ailleurs, le choix du camp dans lequel se situer devient impératif et l’opposition au système-guerre se fait concrète et réelle : dans la construction d’un pouvoir populaire autonome, dans des réseaux de solidarité territoriale qui dépassent les frontières imposées par l’État-nation et dans des formes d’organisation conflictuelles et directes, dont la légitimité ne dépend pas de la médiation institutionnelle.

« La terre ne se vend pas, on l’aime et on la défend »

Brigade internationaliste, Playa Salchi, mars 2026

Der Widerstand von Playa Salchi (DEU)

BERICHT DER INTERNATIONALISTISCHEN BRIGADE GEGEN DIE PRIVATISIERUNG VON „PLAYA SALCHI“

Einleitung

Am 25., 26. und 27. März 2026 führte eine Gruppe von Genoss*innen des „Nodo Solidale“, des Zapatistischen Kollektivs von Lugano, der SOA „Il Molino“ sowie weiterer solidarischer Personen aus Italien und der Schweiz eine internationalistische Brigade aus, in Solidarität mit dem Kampf gegen die Privatisierung des Strandes „Playa Salchi“ an der Küste von Oaxaca in Mexiko.

Die genannten Kollektive wurden vom Komitee zur Verteidigung der indigenen Rechte (CODEDI) – einer Basisorganisation, die in mehr als 25 Gemeinden der Region vertreten ist und seit 1998 für die Verteidigung ihres Territoriums kämpft – eingeladen, um sich über den symbolträchtigen Fall von Enteignung und Grundstücksspekulation zu informieren, von der der Bauernkamerad Miguel Sánchez Hernández direkt betroffen ist. Im Laufe dieser drei Tage, die von Wissensaustausch, Workshops, Spielen mit den Kindern und Kampftaktiken geprägt waren, wurden mehrere Interviews mit den an diesem Kampf zur Verteidigung des Territoriums beteiligten Personen geführt, deren Zusammenfassung in diesem Bericht und in einem Video, das in Kürze veröffentlicht wird, präsentiert wird.

Hintergrund der „Landfrage“ in Mexiko

In Mexiko gibt es nach jahrhundertelangen Kämpfen, Bauernkriegen und Revolutionen ein Grundbesitzsystem, das neben öffentlichem und privatem Eigentum auch das soziale (also kollektive) Landeigentum anerkennt. Eine Realität, die mehr als die Hälfte des Staatsgebiets abdeckt. Konkret wurden seit der Revolution von Emiliano Zapata und Francisco Villa die Unveräußerlichkeit des Bodens und seine Umverteilung in landwirtschaftliche Kerngebiete, bekannt als „Ejidos“, sowie in Gemeindeland in der Verfassung von 1917 verankert. Diese Umverteilung fand ab Ende der 1930er Jahre statt und dauerte bis 1992, dem Jahr, in dem eine Verfassungsreform den teilweisen Verkauf von Ejido-Ländereien erlaubte. Die Ejidos wurden per Präsidialdekret zugeteilt, während die Gemeindelandflächen auf der Grundlage der Anerkennung von „Eingeborenen Stammland“ zugeteilt wurden, wie es in den Dokumenten und Abkommen definiert wurde, die während der Kolonialzeit zwischen den indigenen Völkern und der spanischen Krone unterzeichnet wurden.

Im Allgemeinen wird die Nutzung dieser kollektiven Ländereien von der Versammlung der „Ejidatarios“ oder „Comuneros“ als oberste lokale Behörde im rechtlichen Rahmen der Agrarreform verwaltet. Es handelt sich um Grundstücke, die innerhalb des Agrarkerns von Vater zu Sohn vererbt oder ausgetauscht werden können, aber nicht außerhalb dieses Kerns weiterverkauft werden dürfen (abgesehen von bestimmten Ausnahmen). Dieses System der Landbewirtschaftung stellt eine echte Form der gemeinschaftlichen, bäuerlichen und oft indigenen Macht dar, in der die sogenannten „usos y costumbres“ (Gebräuche und Sitten) verankert sind.

Land ist Freiheit

In Mexiko umfassen die kollektiven Ländereien, zumindest formal, etwa 100 Millionen Hektar, die von mehr als 30.000 Agrargemeinschaften verwaltet werden. Dieses System wurde ständig durch Gesetze, Dekrete und Versuche von Verfassungsreformen sowie durch faktische Praktiken großer Unternehmen und nationaler wirtschaftlicher und politischer Konsortien untergraben, die alle daran interessiert sind, den Autonomiebereich der Bauern und indigenen Völker des Landes einzuschränken. All diese dem kapitalistischen Markt „rechtlich entzogenen“ Flächen erweisen sich in der Tat als sehr attraktiv für zahlreiche wirtschaftliche und politische Akteure.

In den letzten Jahren hat sich das organisierte Verbrechen an der fortwährenden Ausbeutung der indigenen Völker und Bauern beteiligt und fungiert dabei als bewaffneter Arm sowohl in den Gebieten, in denen von der Regierung geförderte Megaprojekte umgesetzt wurden (wie beispielsweise  der Interozeanische Korridor der Landenge von Tehuantepec oder der „Maya-Zug “ – ein interurbanes Eisenbahnnetz, das die Halbinsel Yucatán durchquert), als auch auf lokaler Ebene, indem sie Vereinbarungen mit Unternehmern oder Politikern schloss, um saftige Gewinne auf Grundstücken aus Gemeinschaftsbesitz zu erzielen.

Es ist wichtig zu erwähnen, dass in Mexiko in den letzten 20 Jahren mehr als 500.000 Menschen ermordet wurden und etwa 134.000 als „vermisst“ gelten. Das Land erlebt einen Krieg der territorialen Zersplitterung: einen „abnormalen“, zeitweiligen, asymmetrischen, verstreuten, aber zutiefst gewalttätigen Bürgerkrieg; all dies bildet ein komplexes System der Enteignung auf mehreren Ebenen, das täglich das Kollektivland angreift, verkleinert und raubt und diejenigen verfolgt, die es verteidigen.

Der Fall des Strandes von Salchi ist nur eines von Tausenden von Beispielen entlang der gesamten Küste Mexikos.

Kurze Geschichte des Landraubs in Salchi

Der Strand von Salchi ist Teil der „Gemeindelandflächen“ von San Pedro Pochutla im Bundesstaat Oaxaca. Ländereien, die mit der Errichtung des Tourismuskomplexes „Bahías de Huatulco“ Anfang der 90er Jahre einer raschen und illegalen Privatisierung unterzogen wurden. Der am häufigsten angewandte Mechanismus war der Verkauf von Grundstücken mittels gefälschter Dokumente, die vom Kommissar des „Amtes für Gemeindegüter“ unterzeichnet wurden. Der Kommissar ist die von der Gemeindeversammlung gewählte Person, die eigentlich das Gemeinschaftsland schützen und verwalten soll, doch oft ist es gerade diese lokale Agrarbehörde die sich  am leichtesten von den Interessen der Landraubenden bestechen lässt (oder von ihnen beseitigt wird, wenn sie sich weigert, mitzumachen). Sehr oft werden die Kommissare für Gemeindegüter so zu den wichtigsten Komplizen der Unternehmer: sie erhalten von ihnen Bestechungsgelder oder Provisionen für die abgetretenen Grundstücke, obwohl die ausgestellten Eigentumsurkunden vor dem Agrargericht oder dem Katasteramt keinerlei formellen Wert haben – also vor jenen Institutionen, die als fester Bestandteil desselben Systems der weit verbreiteten Korruption diesen chronischen Verstößen gegenüber ewig blind bleiben.

Die meisten Villen, die die Reichen an den Küsten Mexikos errichten, wurden dank dieser gefälschten Genehmigungen und auf indigenem oder bäuerlichem Gemeindeland gebaut.

Playa Salchi

Die Bucht des Strandes von Salchi liegt an der Pazifikmündung eines 28 Hektar großen Grundstücks, das Miguel Sánchez Hernández, einem 87-jährigen Bauern, zugeteilt wurde, der es seit der Erbschaft von seinem Adoptivgroßvater für landwirtschaftliche Zwecke bewirtschaftet. Seit den ersten Privatisierungsversuchen weigert sich Don Miguel, das ihm zugeteilte Land für den Bau von Tourismusgebieten abzutreten. Doch seine Weigerung als offizieller Eigentümer erwies sich als völlig wirkungslos, um die Privatisierung zu verhindern.

Im Jahr 2000 bot David Ortega del Valle ihm an, 10 Hektar Land „direkt am Meer“ an ein kanadisches Immobilienkonsortium zu verkaufen, mit der ursprünglichen Zusage einer Zahlung für diese Grundstücke. Eine Vereinbarung, die bis heute nicht eingehalten wurde. In diesem Gebiet wurden in den letzten Jahren und bis 2025 42 Wohnungen mit „Seeblick“ gebaut, die meist saisonal von kanadischen Rentnern bewohnt werden. Im Laufe der Jahre versuchte Miguel Sánchez, dieses Land mit Unterstützung verschiedener sozialer und Menschenrechtsorganisationen zurückzugewinnen, darunter CODEDI, die seit langem lokale Komitees in der Region zur Verteidigung der indigenen Rechte organisiert und sich für den Widerstand gegen kapitalistische und rohstoffausbeuterische Projekte auf indigenen Gebieten einsetzt, insbesondere an der Küste und in der Sierra Sur von Oaxaca.

Die kanadische „Kolonie“

Im Jahr 2017 begannen CODEDI und andere verbündete lokale Organisationen, die rund 14 Hektar Land, die der „Touristifizierung“ entgangen waren, zyklisch zu bewirtschaften, indem sie dort Mais, Zucchini und Bohnen sowie andere Nahrungsmittel für die Familien der Gemeinden der Organisation anbauten.

Im Juli 2018 wurde der lokale Koordinator von CODEDI, Abraham Hernández González, in Strandnähe entführt und anschließend ermordet: Seine Leiche wurde in der Nachbarortschaft Cuatunalco gefunden. Die Umstände dieses Mordes wurden nie untersucht, und bis heute genießen die Schuldigen völlige Straffreiheit. Dieses dramatische Ereignis verschärfte den Landkonflikt in Salchi und machte die Komplizenschaft des organisierten Verbrechens mit den beteiligten Unternehmern deutlich. „Seit August 2020“, berichtet Miguel Sánchez, „bin ich Ziel wiederholter Versuche, mein Land und meine Wohnung zu enteignen, wobei vermummte und bewaffnete Personen mich überwachen und ununterbrochen Patrouillen durchführen“. Tatsächlich berichtet Miguel, dass während einer Karavane zur Beobachtung der Menschenrechte, im September 2025 acht Kleinbusse mit bewaffneten Personen bei ihm vorfuhren und er bei dieser Gelegenheit entführt, mit dem Tod bedroht, angegriffen und geschlagen sowie mit Obszönitäten und Spott aller Art beleidigt wurde, was seinen Gesundheitszustand so stark beeinträchtigte, dass er sich einer Notoperation unterziehen musste.

Uns wurden mindestens zwei weitere Einschüchterungsversuche bei öffentlichen Veranstaltungen gemeldet:

– Am 7. Juni 2025 fand das „Forum zur Verteidigung des Landes und der Agrarrechte der Bauern an der Küste“ statt, an dem 17 Organisationen teilnahmen, die den Enteignungsversuch in Playa Salchi anprangerten. Im Verlauf dieser Veranstaltung drangen 16 bewaffnete Personen, die mit dem „Cartel del Despojo“ (Kartell der Enteignung) in Verbindung stehen, auf das Land von Miguel Sánchez ein und bedrohten ihn mit dem Tod, um ein weiteres Tourismusprojekt durchzusetzen.

– Am 29. Januar 2026 drang eine Gruppe von Zivilisten, darunter der Kolumbianer Arturo Peralta (Leiter des Immobilienprojekts des oben genannten kanadischen Konsortiums), mit Baggern und Baumaschinen und begleitet von drei Patrouillen der Staatspolizei auf dem Landstück von Miguel Sánchez ein, das noch nicht von der „Touristifizierung“ erfasst wurde. Im Zuge dieses Übergriffs haben die Bagger, eskortiert von Sicherheitskräften und einigen bewaffneten Zivilisten, einige kleine Häuser und Gebäude, die auf dem Gelände stander und auch von anderen Bauern genutzt wurden, die oft kommen, um Don Miguel bei der Feldarbeit zu helfen, vollständig abgerissen. Mit Waffen in der Hand hagelte es Beleidigungen und Drohungen gegen den alten Bauern und die anderen Anwesenden. Die Beteiligung der Staatspolizei, die offensichtlich einen unrechtmäßigen und illegalen Angriff an der Seite nicht identifizierter bewaffneter Zivilisten schützte, verdeutlicht einmal mehr die Komplizenschaft der Institutionen mit den kriminellen Machenschaften des „Cartel del Despojo“.

Las viviendas arrasadas

Als Internationalisten können wir nicht umhin, auf die erschreckende Ähnlichkeit zwischen diesem jüngsten Vorfall und den Bulldozern der israelischen Armee in Palästina hinzuweisen, die im Namen der verdrehten Gesetze des „Siedlungskolonialismus“ die von „weißen“ Siedlern besetzten Gebiete befestigen und mit Waffen in der Hand und unter Anwendung von Gewalt die Häuser der Ureinwohner, Bauern und Hirten der Region zerstören. Dies erinnert uns daran, in welchem Maße der Kapitalismus in verschiedenen Regionen der Welt dieselben kolonialen und rassistischen Mechanismen der Diskriminierung, ethnischen Säuberung, Enteignung und Kriminalisierung einsetzt.

Das „Kartell der Ausbeutung“

Don Miguel, die Genoss*innen von CODEDI und anderen verbündeten Organisationen, die sich zur Verteidigung des Strandes von Salchi versammelt haben, weisen darauf hin, dass es eine Gruppe von Personen gibt, darunter einige Funktionäre der Morena-Partei (die auf Landes- und Bundesebene an der Macht ist), die – im Komplott mit den Kommissar*innen für Gemeindegüter, den Behörden des Agrargerichts, den Ordnungskräften und dem organisierten Verbrechen – sich bereichern, indem sie die Privatisierung der Strände und Gemeindegrundstücke an der Küste von Oaxaca orchestrieren.

Neben dem Fall von Salchi wurden weitere Fälle öffentlich gemacht, insbesondere am benachbarten Strand „El Coyote“ und am Strand „El Coyul“ (mehrere Kilometer weiter südlich). Diese Gruppe von Personen, die als „Kartell der Enteignung“ bezeichnet wird, wendet überall dieselbe Vorgehensweise an: Sie schickt bewaffnete Männer, um die Bauern durch Drohungen und Gewalt einzuschüchtern und zu vertreiben; anschließend eignet sie sich das Land an, indem sie mit Hilfe von Dokumenten, die von korrupten Agrarbehörden ausgestellt wurden, den Anschein von Rechtmäßigkeit erweckt; diese Grundstücke werden dann an ausländische Immobilienkonsortien weiterverkauft, wobei sie mit jedem Quadratmeter gestohlenen Landes spekuliert (ein durch Täuschung und Gewalt erlangtes Grundstück von 200 m² wird für 50.000 bis 100.000 Euro – also zwischen 1 und 2 Millionen mexikanischen Pesos – weiterverkauft). Die Immobilienkonzerne verkaufen ihrerseits die „kleinen Häuser am Meer“ zu astronomischen Preisen auf dem Markt ihrer Herkunftsländer (oft die USA, Kanada, die Europäische Union, aber auch Saudi-Arabien und Russland) und stellen die Rechnungen in Dollar aus. Die durch diese Spekulationen generierten Finanzströme sind kolossal und kommen nur denjenigen zugute, die bereits reich sind: Beamte, Unternehmer und Mafiosi.

Das Ergebnis dieser ganzen mafiösen Operation ist nichts anderes als eine Gentrifizierung der Strände nach einem extraktivistischen Modell, das, wie unsere Gesprächspartner immer wieder betonen, nur mit der stillschweigenden Unterstützung der Institutionen funktionieren kann, deren unrechtmäßige Machenschaften durch erhebliche Bestechungsgelder erleichtert werden.

Die lokalen und nationalen Akteure dieses „Kartells“, die als Hauptnutznießer des Landraubs bezeichnet werden, sind die Bundesabgeordneten Alejandro Avilés Álvarez (von der Grünen Partei Mexikos, aber der Morena-Partei angehörig) und Juan Hugo de la Rosa (Morena), der Rechtsassistent Orlando Acevedo (von der PRI-Partei), der ehemalige Kommissar für Gemeindegüter von Pochutla, Jesús „Chucho“ Reyes, David Ortega del Valle (Leiter der Abteilung für Umweltmanagement im Umweltministerium des Bundesstaates Oaxaca), der Lokalpolitiker Alfonso Esparza, der Geschäftsmann Israel Carreño Morales (verantwortlich für den Lanbdraub am Strand von El Coyote) und der Buchhalter Sergio Castro López. So agiert die Gruppe dank des Schutzes von Akteuren auf allen drei Regierungsebenen (kommunal, staatlich und föderal) und unter Beteiligung sowohl der Mehrheits- als auch der Oppositionsparteien völlig straffrei.

Die „Weißwaschung“ der Küste: Enteignung und Geldwäsche (*)

(* Dieses Kapitel ist ein Auszug aus einem Artikel von Kino Balu: https://elgirodelarueda.net/despojo-playa-salchi-castro-lopez-oaxaca/)

Der Konflikt um „Playa Salchi“ ist gewissermaßen das Symbol für die Offensive der Landenteignung und der Kommerzialisierung der Küste von Oaxaca: ein wahres Experimentierfeld. Hier verflechten sich die historischen kriminellen Finanzaktivitäten von Persönlichkeiten wie Sergio Castro López (ein Buchhalter aus einfachen Verhältnissen, der die Karriereleiter hinaufstieg, bis er zu einem Geldwäscher von Milliarden wurde, indem er jene „aggressiven Steuerkonstrukte“ perfektionierte, die es Gouverneuren und Unternehmen ermöglichten, sich weitgehend ihren Steuerpflichten zu entziehen. Sein Unternehmen – „Inteligencia de Negocios“ – diente als operative Zentrale für Netzwerke von 150 Strohmännern, die in Geldwäschegeschäften mehr als 100 Milliarden Pesos umschufen) – mit den Aktivitäten lokaler politischer Akteure, die von Parteien wie Morena und Verde Ecologista geschützt oder von der „Vierten Transformation“ innerhalb der Regierung und ihrer Interessengruppen unterstützt werden.

Construcciones ilegales

Dieses Phänomen offenbart einen Trend: Hotelprojekte auf enteignetem Land sind nicht nur Immobiliengeschäfte, sondern auch Mechanismen zur Geldwäsche. Die Hotels dienen dazu, enorme Geldströme weisszuwaschen und gleichzeitig Immobilienvermögen in strategisch wichtigen Gebieten zu generieren. Die Küste von Oaxaca bietet mit ihrem touristischen Potenzial und ihrer institutionellen Schwäche ideale Bedingungen für diese Symbiose aus Landenteignung und Geldwäsche. Die Regierung begnügt sich nicht damit, diese Vorgänge zu tolerieren, sondern integriert sie organisch in ihr eigenes politisches Projekt und zeigt damit, dass die sogenannte „Vierte Transformation“ problemlos mit den raffiniertesten Formen kapitalistischer Kriminalität koexistieren kann.

Ein Modell der umfassenden Enteignung, bei dem sich die Aneignung von Land mit politischer Kontrolle, Geldwäsche und institutioneller Kooptierung vermischt, um Enklaven völliger Straffreiheit zu schaffen, und das in mehreren Phasen abläuft: Zunächst die Identifizierung strategischer Gebiete, in denen institutionell geschwächte Gemeinschaften leben; dann der Aufbau von Allianzen mit lokalen politischen Akteuren; drittens die Entwicklung von Immobilienprojekten, die die Geldwäsche rechtfertigen; viertens die Neutralisierung des Widerstands durch Kooptierung oder Kriminalisierung der Gegner.

Ohne Genehmigung auf enteignetem Land erbautes Hotel

Don Miguel Sánchez, 87 Jahre alt und mit mehr als sechzig Jahren Erfahrung auf diesem Land, verkörpert alles, was dieses Modell zu elimineren sucht: das historische Gedächtnis, die angestammten Landrechte und den Widerstand der Bauern.

Seine Enteignung ist kein Zufall: Sie erfolgt methodisch.

Widerstand und Bündnisse

Don Miguel Sánchez Hernández ist nicht allein. Er wird vom CODEDI und den sozialen Organisationen der antikapitalistischen Linken des FORO (Front der Organisationen von Oaxaca) unterstützt, sowie von anderen strategischen Verbündeten, denen es gelungen ist, diesen Fall zu einem Beispiel für Widerstand und nicht für stille Enteignung zu machen, wie es leider in allzu vielen ähnlichen Fällen an derselben Küste von Oaxaca sowie in anderen Regionen Mexikos geschehen ist.

Wie bereits erwähnt, versammelten sich im Juni 2025 inmitten der umstrittenen Dünen des Strandes von Salchi 14 lokale Organisationen und beriefen die Misión de Observancia de los Derechos Humanos (Menschenrechtsbeobachtungsmission) ein, die am 12. und 13. Juli 2025 durchgeführt wurde. Die Mission verfasste einen detaillierten Bericht über die Menschenrechtsverletzungen an den Stränden von Salchi und El Coyote. Die Mission brachte 17 zivilgesellschaftliche Organisationen, gesetzliche Vertreter der Lehrergewerkschaft der Sektion XXII der CNTE in Oaxaca sowie Bürger und Anwälte aus der Zivilgesellschaft zusammen, die zivilgesellschaftlichen Organisationen angehören und alle über langjährige Erfahrung in der Verteidigung der Menschen- und Kollektivrechte im Bundesstaat Oaxaca verfügen.

Die folgenden Organisationen haben sich an der ständigen Überwachung des Gebiets und der Lage beteiligt und tun dies weiterhin: CODEDI, CODEPO (Komitee zur Verteidigung der Rechte des Volkes von Oaxaca), 14 DE JUNIO, CCCP (Rat der bäuerlichen und proletarischen Gemeinschaften), COCISS (Rat der indigenen Gemeinschaften der Sierra Sur), APIIDTT (Versammlung der indigenen Völker der Landenge zur Verteidigung von Land und Territorium), die NGO EDUCA, MIUCO (Vereinigte indigene und afro-stämmige Frauen zum Schutz der Küste von Oaxaca), FPR (Revolutionäre Volksfront), FIZ (Indigene Front der Zapoteken), die Versammlung der indigenen Gemeinschaft von Puente Madera, die Versammlung der indigenen Gemeinschaft von El Coyul und die Genossenschaft Cimarronez.

Darüber hinaus hat CODEDI im Laufe der Jahre ein Netzwerk nationaler und internationaler Kooperationen und Bündnisse mit anderen indigenen Organisationen aufgebaut, von denen einige mit dem Nationalen Indigenen Kongress (CNI) verbunden sind, sowie mit europäischen Kollektiven, die den Zapatismus unterstützen, wie beispielsweise die Kollektive, die an der Erstellung des vorliegenden Berichts mitgewirkt haben. Dank dieser Kontakte konnte Ende Juli 2025 ein Informations- und Solidaritätsbesuch einer Brigade italienischer Aktivist*innen organisiert werden, ebenso wie der Besuch der aktuellen Internationalistischen Brigade Ende März 2026.

Die beteiligten Kollektive haben sich verpflichtet, die Situation der illegalen Aneignung und der potenziellen Unterdrückung des Widerstands auf den Ländereien von Miguel Sánchez Hernández auch aus der Ferne weiterhin zu beobachten.

Die selbstverwaltete Nutzung des Landes

Die 14 Hektar Land, die sich noch immer dem Vormarsch der Immobilien- und Tourismuskolonisierung widersetzen, werden zyklisch mit Mais, Bohnen, Zucchini, Papayas und anderen saisonalen Früchten bewirtschaftet. Die Genoss*innen von CODEDI organisieren gemeinsam mit den lokalen Komitees ihrer Organisation „Tequios“, um eine nachhaltige, alternative, ökologische und selbstverwaltete Nutzung der Felder zu demonstrieren – im Gegensatz zum extraktivistischen Modell der Immobilienkonsortien.

In Playa Salchi stehen sich diese beiden diametral entgegengesetzten Modelle physisch und politisch gegenüber.

Das CODEDI steht in einer langen Tradition selbstverwalteter Prozesse, stützt sich auf die Erfahrungen des Aufstands und der Kommune von Oaxaca von 2006 und hat sich in gewissem Maße von den autonomen Prozessen der Zapatistischen Nationalen Befreiungsarmee (EZLN), vom CIDECI in Chiapas und von anderen indigenen Völkern des CNI inspiriert. Gestärkt durch diese Dynamik gründete er 2013 ein Ausbildungszentrum auf der ehemaligen Finca Alemania (Sierra Sur), wo Kinder und Jugendliche aus den Gemeinden und Dörfern durch einen empirischen und autonomen pädagogischen Prozess verschiedene Künste und Handwerke erlernen können. Dieses libertäre Modell einer „lebendigen Schule“ wird regelmäßig in Salchi umgesetzt, wo in den Räumlichkeiten eines großen, illegalen und modernen Hotels, das ohne jegliche Genehmigung nur wenige Meter vom Strand entfernt errichtet und später von den Verteidigern des Territoriums zurückerobert wurde, Workshops für Kinder und Jugendliche organisiert werden.

Graffitis in Playa Salchi

In den ersten Monaten des Jahres 2026 fanden beispielsweise mehrere Treffen und Workshops für Kinder in Playa Salchi statt, bei denen Themen wie Meeresbiologie, gesunde Ernährung im Gegensatz zu Junkfood, Naturheilkunde und mündlich überlieferte Geschichte durch Räume behandelt wurden, die traditionellen Geschichtenerzählern zur Verfügung gestellt wurden. Die Workshops werden in der Regel von solidarischen Kollektiven geleitet, die sich den genannten Themen widmen und sich hauptsächlich an die Schüler*innen der kleinen autonomen Schule von Finca Alemania sowie an die Kinder von Salchi im Allgemeinen richten.

Aufbauend auf Erfahrungen, vor allem aus städtischen Kontexten, mit Selbstverwaltung und Autonomie betrachten die Kollektive und Personen, die an der Internationalistischen Brigade teilnehmen, diese Organisationsform – die kollektive Selbstverwaltung von Räumen und Land – als eines der grundlegenden und entscheidenden Elemente für den Aufbau anderer möglicher Welten. Denn wie uns die Geschichte der zahlreichen Kampferfahrungen im Laufe der mexikanischen Geschichte lehrt, ist die Schaffung von Autonomie und selbstverwalteten Lebensweisen ein Weg, den es mit Entschlossenheit und Beharrlichkeit zu beschreiten und zu intensivieren gilt, als Formen der kollektiven Verwaltung von Körpern, Geistern und Territorien.

In diesem Zusammenhang und um Formen des Kampfes und der Vereinigung zu schaffen, die sich den Dynamiken der Ausbeutung und Plünderung von Territorien entgegenstellen, wird das Projekt des CODEDI zu einem grundlegenden Element des Aufbaus und des Widerstands.

Aktivitäten der kleinen autonomen Schule auf dem ehemaligen Bauernhof „Allemana“

Die Schaffung eines zukünftigen „Gemeinschaftlichen Bildungszentrums“ für Kinder und Jugendliche auf genau jenem Land, das das kapitalistische System der lokalen Bevölkerung zu entreißen versucht, ist eine besonders kühne und kämpferische Vision in einem globalen Umfeld, das zunehmend nachgiebig und resigniert ist. Im Gegensatz dazu bezieht dieses Projekt klar Stellung und zeigt auf welcher Seite es steht.

Es erscheint uns daher unerlässlich, den Willen zu betonen, die Anstrengungen zu verstärken und den jüngeren Generationen mehr Arbeit, mehr Betreuung und spezifische Ausbildung zukommen zu lassen, sowie den praktischen und konkreten Aufbau autonomer kollektiver Alternativen fortzusetzen, die es ermöglichen, wirksame Laboratorien der Gegenmacht zum Kapitalismus zu visualisieren und zu etablieren. Es gilt, Praktiken zu entwickeln, die gleichzeitig Formen oder Zentren des Widerstands gegen die zunehmend totalitäre Herrschaft der unauflöslichen Verbindung zwischen Kapital, Mafia und Staat bieten.

Eine Situation, die – auch angesichts der Armut oder des völligen Mangels an Perspektiven für Beschäftigung, Emanzipation und Selbstbestimmung – in den letzten Jahren sehr viele Menschen, insbesondere junge Menschen, Arme und Frauen, dazu gezwungen hat, sich der prekären Arbeitswelt anzuschließen, da sie keine andere Wahl hatten, als sich der Ausbeutung in den Maquiladora-Fabriken zu unterwerfen, in prekären, schlecht bezahlten und ausbeuterischen Arbeitsverhältnissen in Mexiko oder den Vereinigten Staaten zu arbeiten, der Prostitution und dem Verkauf ihres eigenen Körpers sich auszusetzen oder sich als letztes Mittel als Arbeitskräfte im Dienste des organisierten Verbrechens zu verpflichten.

Sich ein Territorium zurückzuerobern, in dem man seinen eigenen Lebensunterhalt bestreitet, indem man Grundnahrungsmittel anbaut, die auch wirtschaftliche Selbstversorgung ermöglichen, wird zu einer Form der „sozialen, politischen und kulturellen Barrikade“ angesichts des Vormarsches des kriminellen/mafiösen Systems des Staates und der wichtigsten wirtschaftlichen Interessen, seien sie privat oder öffentlich. In einem System, das den Krieg zu seiner Doktrin und seiner Methode der Weltherrschaft macht, wird das derzeitige Bestreben, dem durch kollektive, selbstverwaltete und autonome Praktiken entgegenzuwirken, somit nicht nur zu einem NEIN zur Privatisierung und Ausbeutung, sondern auch zu einem JA zu einer anderen möglichen Welt.

Fazit: Die „Touristifizierung“ als koloniales Instrument der Ausbeutung

Für den alten Bauern Miguel Sánchez Hernández und die Bewohner von Playa Salchi und Umgebung stellt die Landwirtschaft ebenso wie die Fischerei in Flüssen und im Meer eine der wichtigsten Tätigkeiten und eine grundlegende Lebensgrundlage für die Familien dar. Diese wirtschaftlichen und traditionellen Praktiken haben in den letzten Jahren tiefgreifende Veränderungen erfahren, bedingt durch eine Logik, die darauf abzielt, in dieser Region eine „Entwicklun “ in dieser Region durchzsetzen will, und zwar mittels eines zerstörerischen Massentourismus und logistischer Infrastrukturprojekte, darunter Straßen, die Oaxaca mit Guerrero und Veracruz verbinden, im Rahmen der Begleitprojekte zum Großprojekt des Interozeanischen Korridors der Landenge von Tehuantepec (CIIT). Dies hat sich negativ auf die Form des sozialen Eigentums ausgewirkt und in der Region eine merkantilistische Sichtweise auf das Land eingeführt, die Geldwäsche begünstigt und es den Interessen von Immobilienagenturen und Spekulanten ausliefert.

Große Infrastrukturprojekte und Tourismuszentren – im Widerspruch zum offiziellen und „progressiven“ Diskurs der Regierung – fallen als gnadenlose neokoloniale Projekte über indigene Gebiete herein. Es handelt sich um tatsächliche zeitgenössische Formen der Eroberung, die eine Lebensweise der Subsistenzwirtschaft angreifen, die vom kapitalistischen System als primitiv, überflüssig und wirtschaftlich nutzlos angesehen wird.

Die massive „Touristifizierung“ der natürlichen Ressourcen und insbesondere bestimmter Gebiete ist für uns keineswegs neu. Auch wir, die wir hier mit der Internationalistischen Brigade anwesend sind, leben oder haben auf Gebieten gelebt, deren Ausbeutung – verbunden mit der Privatisierung von Land und Ressourcen (Wasser, Wälder, Dschungel, Berge) – immense Mengen an Reichtum und Geldwäsche generiert hat und massiv zur fortschreitenden sozialen, kulturellen und territorialen Verwüstung beiträgt.

Es ist ein globaler Sturm, der von weit her kommt und jede Lebensform hinwegfegt, die sich nicht dem Kapital anpasst. Eine Form der Nekropolitik oder des „Gore-Kapitalismus“, der nicht mehr weiß, was er mit den überschüssigen, unproduktiven Körpern anfangen soll, die sich nicht den Diktaten des Systems beugen. Und der gleichzeitig den Reichtum und die natürlichen Ressourcen der lokalen Gemeinschaften an sich reißt, um sie in seinem eigenen Wirtschaftsmodell zu verwerten.

Ein Krieg, der historisch gesehen durch seine kolonialen und Herrschaftsmerkmale ganze Gebiete und Bevölkerungen verwüstet hat und ein Umfeld der Abhängigkeit und Ausbeutung geschaffen hat, das die Grundlage für Bereicherung, eine gewisse Vorherrschaft, eine schlecht definierte Entwicklung und auch – das dürfen wir nicht vergessen – für bestimmte „Rechte“ bildet, die in der westlichen Welt errungen wurden, einem Westen, der seit jeher räuberisch und kolonialistisch ist.

„Der Fall von Playa Salchi symbolisiert eine der grundlegenden Herausforderungen unserer Zeit: der Bekämpfung von Formen der Kriminalität, denen es gelungen ist, sich nahtlos in die rechtlichen und institutionellen Strukturen einzufügen. Es handelt sich nicht um Kriminelle, die am Rande des Systems agieren, sondern um Kriminelle, die das System selbst sind“, fasst Kino Balu zusammen.

Playa Salchi wird so zu einem Symbol-Paradigma der kolonialen Enteignung, die nicht nur in Mexiko, sondern in vielen Regionen der Welt verbreitet ist, wo die an Vielfalt und Menschlichkeit reichen Gebiete des sogenannten „globalen Südens“ ihren jeweiligen Bevölkerungen entrissen, kommerzialisiert und hyperproduktiv gemacht werden, um einen aggressiven, reichen und „weißen“ Tourismus zu intensivieren, der sich nicht im Geringsten um die Besonderheiten der lokalen Gemeinschaften schert. Ein Tourismus, der Ressourcen privatisiert, die Lebenshaltungskosten unhaltbar in die Höhe treibt und die Armen aus den Tourismusgebieten vertreibt oder sie als billige Arbeitskräfte ausbeutet.

Der Widerstand

Eine massive Gentrifizierung und „Touristifizierung“, die sich an wohlhabende Eliten richtet, mit dem Ergebnis, dass ganze Bevölkerungsgruppen, geografische Gebiete und Territorien ihr Gedächtnis, ihre Würde und ihre Lebensperspektiven verlieren und an den Rand des aktuellen Wirtschaftssystems gedrängt werden.

Eine Würde, wie die hier beschriebenen Initiativen zeigen, die durch direkten Widerstand, die Wiederverbindung mit der Erde und der Natur sowie durch die kollektive Selbstverwaltung von Räumen und Zeiten wiedererlangt werden kann.

Angesichts dieser Enteignungsmaschinerie haben die Gemeinschaften der Sierra Sur und von Playa Salchi Beispiele des Widerstands entwickelt, die über die bloße Verteidigung des Territoriums hinausgehen. Ihr Kampf stellt das Entwicklungsmodell an sich in Frage, das Territorien als Waren und Gemeinschaften als Hindernisse für den Fortschritt betrachtet.

Hier wie anderswo wird die Entscheidung, auf welcher Seite man steht, unabdingbar, und der Widerstand gegen das Kriegssystem wird konkret und real: im Aufbau einer autonomen Volksmacht, in Netzwerken territorialer Solidarität, die über die vom Nationalstaat auferlegten Grenzen hinausgehen, und in konfliktreichen und direkten Organisationsformen, deren Legitimität nicht von institutioneller Vermittlung abhängt.

„Das Land ist nicht zu verkaufen, wir lieben es und verteidigen es“

Internationale Brigade, Playa Salchi, März 2026

LA RESISTENCIA DE PLAYA SALCHI (ESP)

Proponemos este informe redactado inicialmente en italiano, francés y alemán con el propósito de darle difusión en Europa, por lo mismo puede que algunos párrafos que resumen el contexto sociopolítico de México se perciban como redundantes para el lector mexican@, aun así, decidimos mantenerlos para que otrxs lectorxs hispanohablantes puedan tener acceso a más información.

INFORME DE LA BRIGADA INTERNACIONALISTA CONTRA LA PRIVATIZACIÓN DE «PLAYA SALCHI»

Introducción

Los días 25, 26 y 27 de marzo de 2026 un grupo de compañerxs del Nodo Solidale, del Colectivo Zapatista de Lugano, del SOA Il Molino y otras personas solidarias de Italia y Suiza llevamos a cabo una brigada internacionalista de solidaridad con la lucha contra la privatización de la «playa de Salchi», en la costa de Oaxaca, México.

Los colectivos mencionados fuimos invitados por el Comité de Defensa de los Derechos Indígenas (CODEDI) — una organización popular, presente en más de 25 comunidades de la región que desde 1998 lucha por la defensa del territorio — a conocer el caso emblemático de despojo y especulación de las tierras que perjudican al compañero campesino Miguel Sánchez Hernández. Durante los tres días de intercambio de conocimientos, talleres, juegos con las infancias y prácticas de lucha, se realizaron varias entrevistas con las personas involucradas en esta lucha en defensa del territorio, cuya síntesis se presenta en este informe y en un vídeo que se publicará próximamente.

Contexto sobre la «cuestión de la tierra» en México

En México, como resultado de las luchas seculares, las guerras campesinas y las revoluciones, existe un sistema de propiedad de la tierra que reconoce, además de la propiedad pública y privada, también la propiedad social (por lo tanto, colectiva) de las tierras. Una realidad que abarca más de la mitad del territorio nacional. Concretamente, a partir de la revolución de Emiliano Zapata y Francisco Villa, se consagró en la Constitución de 1917 la inalienabilidad de la tierra y su redistribución en núcleos agrarios conocidos como ejidos y tierras comunales. Redistribución que tuvo lugar a partir de finales de los años 30 y que se prolongó hasta 1992, año en el que mediante una reforma constitucional se sancionó la vendibilidad parcial de las tierras ejidales. Los ejidos fueron asignados por decreto presidencial, mientras que las tierras comunales se asignaron sobre la base del reconocimiento de las tierras «ancestrales», definidas por los documentos y acuerdos firmados entre los pueblos indígenas y la Corona Española durante la época colonial.

En general, el uso de estas tierras colectivas es gestionado por la asamblea de los ejidatarios o comuneros, como máxima autoridad local, dentro del marco legal de la Reforma Agraria. Son tierras que pueden heredarse de padres a hijos o intercambiarse dentro del núcleo agrario, pero que no pueden revenderse fuera del mismo (salvo excepciones específicas). Este sistema de gestión de las tierras representa una verdadera forma de poder comunitario, campesino y a menudo indígena, en la que se ancla el llamado sistema de «usos y costumbres».

Tierra es Libertad

En México, las tierras colectivas, al menos formalmente, se extienden sobre unos 100 millones de hectáreas, gestionadas por más de 30 000 núcleos agrarios. Este sistema ha sido constantemente erosionado por leyes, decretos e intentos de reformas constitucionales y, de hecho, por prácticas favorecidas por las grandes empresas y los consorcios económicos y políticos nacionales, todos interesados en reducir el espacio de autonomía del campesinado y los pueblos indígenas del país. Toda esta tierra «legalmente sustraída» al mercado capitalista resulta, de hecho, muy atractiva para múltiples actores económicos y políticos.

En los últimos años, el crimen organizado ha participado en el saqueo constante contra los pueblos indígenas y los campesinos, interviniendo como brazo armado tanto en los territorios donde se han llevado a cabo los mega-proyectos promovidos por el gobierno (como el Corredor Transístmico y el Tren Maya), como a nivel local asociándose con cualquier empresario o político que tenga en juego jugosas ganancias sobre parcelas de tierra colectivas.

Es importante mencionar que en México, en los últimos 20 años, han sido asesinadas más de 500 000 personas y unas 134 000 figuran como «desaparecidas». El país vive una guerra de fragmentación territorial: una guerra civil «anómala», intermitente, asimétrica, dispersa pero profundamente violenta;  todo esto conforma un complejo sistema de expoliación a varios niveles que cada día ataca, reduce y malvende las tierras colectivas y se ensaña contra quienes las defienden.

El caso de la playa de Salchi es un ejemplo entre miles de otros, a lo largo de todas las costas de México.

Breve historia del robo de tierras en Salchi

Playa Salchi forma parte del conjunto de tierras comunales de San Pedro Pochutla, en el estado de Oaxaca. Tierras que con la creación del complejo turístico de Bahías de Huatulco a principios de los años 90 sufrieron una privatización rápida e ilegal. El mecanismo más utilizado fue la compraventa de terrenos mediante la emisión de documentos fraudulentos firmados por el comisario de turno de los bienes comunales. El comisario es la figura elegida por la asamblea de los comuneros que debería proteger y gestionar las tierras colectivas, pero a menudo se convierte precisamente en la autoridad agraria local más fácilmente corruptible por parte de los intereses privatizadores (o eliminable por estos cuando, por el contrario, se niega a entrar en el negocio). Muy a menudo, los comisarios de los bienes comunales se convierten así en los principales cómplices de los empresarios: reciben de ellos un soborno o una comisión por las tierras cedidas, a pesar de que los títulos de propiedad emitidos no tengan ningún valor formal ante el Tribunal Agrario y el Catastro, es decir,estas instituciones que inmersas en el mismo sistema de corrupción generalizada se vuelven eternamente ciegas ante estas irregularidades crónicas.

Playa Salchi

La mayoría de las villas que los ricos lucen en las costas de México se han construido con estos permisos falsificados y sobre tierras comunales indígenas o campesinas.

La bahía de la playa de Salchi es la salida al Pacífico de una parcela de 28 hectáreas de tierra comunal asignada a Miguel Sánchez Hernández, un campesino de 87 años, que la ha cuidado desde que la heredó, para uso agrícola, de su abuelo adoptivo. Desde los primeros intentos de privatización, Don Miguel se ha negado a ceder las tierras que le fueron asignadas para la construcción de zonas turísticas. Pero su negativa como propietario formal ha sido totalmente insuficiente para impedir su privatización.

En el año 2000, David Ortega del Valle le propuso vender 10 hectáreas de terreno «frente al mar» a un consorcio inmobiliario canadiense, con la promesa inicial de un pago por los terrenos. Acuerdo que al día de hoy no se ha cumplido. En esta zona, en los últimos años hasta 2025, se han construido 42 viviendas con «vistas al mar», ocupadas estacionalmente en su mayoría por jubilados canadienses. A lo largo de los años, Miguel Sánchez ha intentado recuperar las tierras con el apoyo de diversas organizaciones sociales y de derechos humanos, entre ellas el CODEDI, que históricamente organiza comités locales en la región para la defensa de los derechos indígenas y se moviliza promoviendo la resistencia contra los proyectos capitalistas y extractivistas en los territorios indígenas, especialmente en la Costa y la Sierra Sur de Oaxaca.

En 2017, el CODEDI y otras organizaciones locales aliadas comenzaron a trabajar cíclicamente las aproximadamente 14 hectáreas de tierras que habían quedado libres de la turistificación, cultivando maíz, calabacitas y frijoles, así como otros alimentos destinados a las familias de las comunidades de la organización.

la “colonia” canadiense

En julio de 2018, el coordinador local del CODEDI, Abraham Hernández González, fue secuestrado cerca de la playa y posteriormente asesinado: su cuerpo fue hallado en la localidad cercana de Cuatunalco. Las circunstancias del asesinato nunca se investigaron y al día de hoy los responsables gozan de total impunidad. Este dramático suceso agravó el conflicto por las tierras de Salchi y puso de manifiesto la complicidad del crimen organizado con los empresarios implicados. «Desde agosto de 2020 —cuenta Miguel Sánchez— he sido objeto de repetidos intentos de despojo de las tierras y de mi vivienda, con personas encapuchadas y armadas que me vigilan y realizan rondas continuas». De hecho don Miguel denuncia, durante una Caravana de Observación de los Derechos Humanos en septiembre de 2025, que un día llegaron 8 furgonetas con personas armadas en la y en esa ocasión fue secuestrado, amenazado de muerte, agredido con empujones, obscenidades y burlas de diversa índole, lo que comprometió su estado de salud hasta el punto de tener que ser operado de urgencia.

Se tiene constancia de al menos otras dos acciones de intimidación ocurridas durante el desarrollo de actividades públicas:

– El 7 de junio de 2025 se celebró el «Foro en defensa de la tierra y los derechos agrarios de los campesinos de la costa», con la participación de 17 organizaciones que denunciaron el intento de despojo en Playa Salchi. Durante el evento, 16 personas armadas vinculadas al «Cartel del Despojo» irrumpieron en los terrenos de Miguel Sánchez, amenazando su vida para imponer otro proyecto turístico.

– El 29 de enero de 2026, un grupo de civiles, entre los que se encontraba el colombiano Arturo Peralta (responsable del proyecto inmobiliario del mencionado consorcio canadiense), irrumpió en las tierras de Miguel Sánchez, las que aún no están invadidas por la turistificación, con excavadoras y maquinaria pesada, acompañado de tres patrullas de la policía estatal. Durante la agresión, las excavadoras, escoltadas por las fuerzas de seguridad y por algunos civiles armados, demolieron por completo algunas casitas y construcciones dispersas en los terrenos agrícolas, utilizadas también por otros campesinos que suelen acudir a ayudar a don Miguel a trabajar la tierra. Armas en mano, se repitieron los insultos y las amenazas contra el anciano campesino y las demás personas presentes. La participación de la policía estatal, en evidente defensa de una agresión ilegítima e ilegal y al lado de civiles armados no identificados, pone aún más de manifiesto la complicidad de las instituciones con la actuación criminal del «Cartel del Despojo».

Como internacionalistas, no podemos dejar de señalar la escalofriante similitud de este último hecho con las excavadoras del ejército israelí en Palestina que, en nombre de las retorcidas leyes del «colonialismo de asentamiento», fortifican las zonas privatizadas por los colonos «blancos» y demuelen, armas en mano y con violencia, las casas de los nativos, los campesinos y los pastores de la zona. Lo cual nos reitera cómo el capitalismo despliega en diferentes geografías los mismos dispositivos coloniales y racistas de discriminación, limpieza étnica, expropiación y criminalización.

El «Cartel del Despojo»

Don Miguel, los compañeros y compañeras del CODEDI y de otras organizaciones aliadas, reunidos en defensa de la playa de Salchi, señalan que existe un grupo de personas, entre las que se encuentran algunos funcionarios de Morena (partido en el poder tanto a nivel estatal como federal) que —en contubernio con los comisarios de los bienes comunales, las autoridades del tribunal agrario, con las fuerzas del orden y el crimen organizado— se enriquecen orquestando las privatizaciones de las playas y de los terrenos comunales en la costa de Oaxaca.

Junto con el caso de Salchi, también se han dado a conocer los casos de la cercana playa de El Coyote y de la playa de El Coyul (varios kilómetros más al sur). Este grupo de personas, bautizado como el «Cartel del Despojo», aplica en todas partes el mismo modus operandi: envía gente armada para intimidar y desalojar a los campesinos con amenazas y violencia; se apropia de las tierras simulando legalidad mediante documentos emitidos por autoridades agrarias corruptas; revende a consorcios inmobiliarios extranjeros especulando con cada metro de tierra robada (una parcela de 200 m², sustraída con engaño y violencia, se revende entre 50 000 y 100 000 euros —entre 1 y 2 millones de pesos mexicanos). Para que después los consorcios de desarrollo inmobiliario revendan a su vez, a precios estratosféricos, las «casitas frente al mar» en el mercado de sus países de origen (a menudo EE. UU., Canadá, la Unión Europea, pero también Arabia Saudí y Rusia), facturando en dólares. El flujo de dinero generado por esta especulación es inmenso y solo beneficia a quienes ya son ricos: funcionarios, empresarios y mafiosos.

El resultado de toda esta operación mafiosa no es más que una gentrificación de las playas basada en un modelo extractivista que, reiteran los interlocutores, solo puede funcionar con el apoyo cómplice de las instituciones, cuyas operaciones irregulares se ven lubricadas por sustanciales sobornos.

Los actores locales y nacionales de este «cartel», señalados como principales beneficiarios del robo de tierras, son los diputados federales Alejandro Avilés Álvarez (del Partido Verde Ecologista de México, pero afiliado a Morena) y Juan Hugo de la Rosa (Morena), el asistente jurídico Orlando Acevedo (del PRI), el ex comisionado de bienes comunales de Pochutla Jesús «Chucho» Reyes, David Ortega del Valle (director de Gestión Ambiental de la Secretaría de Medio Ambiente de Oaxaca), el político local Alfonso Esparza, el empresario Israel Carreño Morales (despojador de playa El Coyote )y el contable Sergio Castro López. Así, el grupo opera con impunidad gracias a la protección de elementos de los tres niveles de gobierno (municipal, estatal y federal) y con la participación tanto de los partidos de la mayoría como de la oposición.

La costa lava más blanco: expoliación y lavado de dinero (*)

(* Este capítulo es un extracto de un artículo de Kino Balu https://elgirodelarueda.net/despojo-playa-salchi-castro-lopez-oaxaca/)

Construcciones ilegales

El conflicto de Playa Salchi es en cierto modo el emblema de la ofensiva de expropiación territorial y mercantilización del litoral de Oaxaca: un auténtico campo de experimentación. Aquí se entrelazan la histórica criminalidad financiera de personajes como Sergio Castro López (un contable de origen humilde que ascendió en las jerarquías hasta convertirse en un blanqueador de miles de millones, mediante el perfeccionamiento de esos «esquemas fiscales agresivos» que han permitido a gobernadores y empresas evadir ampliamente sus obligaciones fiscales. Su empresa —Inteligencia de Negocios— ha funcionado como centro operativo para redes de 150 testaferros, moviendo más de 100 000 millones de pesos en operaciones de blanqueo), con la de operadores políticos locales, protegidos por el nombre de partidos como Morena y Verde Ecologista y respaldados por la «Cuarta Transformación» en el Gobierno y sus centros de interés.

Este fenómeno revela un patrón: los proyectos hoteleros en terrenos expropiados no son sólo operaciones inmobiliarias, sino también mecanismos de lavado de dinero. Los hoteles permiten justificar enormes flujos financieros, al tiempo que generan activos inmobiliarios en territorios estratégicos. La costa de Oaxaca, con su potencial turístico y su debilidad institucional, ofrece las condiciones ideales para esta simbiosis entre la expropiación territorial y el lavado de dinero. El gobierno no solo tolera estas operaciones, sino que las integra orgánicamente en su propio proyecto político, demostrando que la llamada «Cuarta Transformación» puede convivir tranquilamente con las formas más sofisticadas de la criminalidad capitalista.

Hotel recuperado

Un modelo de expoliación integral, en el que la apropiación del territorio se entrelaza con el control político, el lavado de dinero y la cooptación institucional para crear enclaves de total impunidad, y que opera a través de varias fases: en primer lugar, la identificación de territorios estratégicos con comunidades institucionalmente debilitadas; en segundo lugar, la construcción de alianzas con actores políticos locales; en tercer lugar, el desarrollo de proyectos inmobiliarios que justifican el blanqueo de capitales; en cuarto lugar, la neutralización de las resistencias mediante la cooptación o la criminalización de los opositores.

Don Miguel Sánchez, con sus 87 años y más de sesenta años de trabajo en esas tierras, encarna todo lo que este modelo pretende eliminar: la memoria histórica, los derechos territoriales ancestrales y la resistencia campesina.

Su despojo no es casual: es metódico.

La resistencia y las alianzas

Don Miguel Sánchez Hernández no está solo. Cuenta con el apoyo del CODEDI y de las organizaciones sociales de la izquierda anticapitalista del FORO (Frente de Organizaciones de Oaxaca), así como de otros aliados estratégicos que han logrado convertir este caso en un ejemplo de resistencia y no de despojo silencioso, como lamentablemente ha ocurrido en muchos, demasiados, casos similares en la misma costa de Oaxaca, así como en otras partes de México.

Como ya se ha dicho, en junio de 2025, entre las dunas disputadas de la playa de Salchi, se reunieron 14 organizaciones locales, que a su vez convocaron la Misión de Observancia de los Derechos Humanos (Misión de Observación de los Derechos Humanos), llevada a cabo los días 12 y 13 de julio de 2025, la cual redactó un informe detallado sobre la violación de los derechos humanos en las playas de Salchi y El Coyote. La misión reunió a 17 organizaciones de la sociedad civil, a los representantes legales del sindicato de docentes de la Sección XXII de la CNTE en Oaxaca, así como a ciudadanos y abogados de la sociedad civil pertenecientes a organizaciones sociales, todas ellas con una larga experiencia en la defensa de los derechos humanos y colectivos en el estado de Oaxaca.

Las siguientes organizaciones han estado y están presentes en la vigilancia constante del territorio y de la situación: CODEDI, CODEPO (Comité de Defensa de los Derechos del Pueblo de Oaxaca), 14 DE JUNIO, CCCP (Consejo de Comunidades Campesinas y Proletarias), COCISS (Consejo de Comunidades Indígenas de la Sierra Sur), APIIDTT (Asamblea de los Pueblos Indígenas del Istmo en Defensa de la Tierra y el Territorio), la ONG EDUCA, MIUCO (Mujeres Indígenas y Afros Unidas por el Bien de la Costa Oaxaqueña), FPR (Frente Popular Revolucionario), FIZ (Frente Indígena Zapoteco), la Asamblea de la Comunidad Indígena Puente Madera, la Asamblea de la Comunidad Indígena El Coyul y la Cooperativa Cimarronez.

Además, a lo largo de los años, el CODEDI ha construido una red de colaboraciones y alianzas nacionales e internacionales con otras organizaciones indígenas, alguna de ellas vinculadas al Congreso Nacional Indígena (CNI), y con colectivos europeos que apoyan el zapatismo, como los que han participado en la elaboración del presente informe. Gracias a estos contactos se ha dado vida a una visita informativa y solidaria de una brigada de activistas italian@s a finales de julio de 2025 y a la actual Brigada Internacionalista de finales de marzo de 2026.

Los colectivos implicados se han comprometido a seguir vigilando, incluso a distancia, la situación de apropiación indebida y de posible represión de la resistencia en las tierras de Miguel Sánchez Hernández.

El uso autogestionado de los espacios y los campos

Las 14 hectáreas de tierra que aún resisten el avance de la colonización inmobiliaria y turística se cultivan cíclicamente con maíz, frijoles, calabacitas, papaya y otras frutas de temporada. Los compañeros y compañeras del CODEDI organizan «tequios» con los comités locales de su organización para demostrar un uso sano, alternativo, ecológico y autogestionado de los campos, en antítesis al modelo extractivista de los consorcios inmobiliarios.

En Playa Salchi, estos dos modelos en completa oposición se enfrentan física y políticamente.

El CODEDI proviene de una larga tradición de procesos autogestivos, partiendo de la experiencia en el 2006 de la insurrección y de la Comuna de Oaxaca, y en cierta medida se ha inspirado en los caminos autónomos del Ejército Zapatista de Liberación Nacional (EZLN), del CIDECI en Chiapas y de los demás pueblos indígenas del CNI. Con este impulso, en 2013 creó un Centro de Formación en la Ex Finca Alemania (Sierra Sur) donde niños y jóvenes de sus propias comunidades y aldeas pueden estudiar y aprender diversas artes y oficios, a través de un proceso pedagógico empírico y autónomo. Este modelo libertario de «escuela viva» se traslada periódicamente a Salchi, donde se organizan talleres para niñxs y adolescentes que se llevan a cabo en los espacios de un gran y moderno hotel ilegal, construido sin ningún permiso a pocos metros de la playa y recuperado posteriormente por quienes defienden el territorio.

Pintas en Playa Salchi

En los primeros meses de 2026, por ejemplo, se celebraron varios encuentros y talleres para la infancia en Playa Salchi, que trataron temas como la biología marina, la comida sana frente a la comida basura, la medicina natural y la historia oral, ofreciendo un espacio a los cuentacuentos. Los talleres suelen ser impartidos por colectivos solidarios que se dedican a los temas mencionados y están dirigidos principalmente a los alumnos y alumnas de la escuelita autónoma de Finca Alemania y a las infancias en general presentes en Salchi.

Partiendo de experiencias, sobre todo urbanas, de autogestión y autonomía, los colectivos y las personas que participamos en la Brigada Internacionalista consideramos esta forma —la autogestión colectiva de los espacios y las tierras— como uno de los elementos fundamentales y decisivos para la construcción de otros mundos posibles. De hecho, como nos enseña la historia de las numerosas experiencias de lucha mexicanas, la creación de la autonomía y de formas autónomas de vida son un camino que hay que recorrer e intensificar con determinación y constancia como formas de gestión colectiva de cuerpos, mentes y territorios.

En este contexto, y para crear formas de lucha y de unión que se opongan a las dinámicas de despojo y saqueo de los territorios, la propuesta del CODEDI se convierte en un elemento fundamental de construcción y de oposición.

Actividad de la escuelita autónoma de la ex finca Alemania

La creación de un futuro «Centro Comunitario de Formación» dedicado a la infancia y a los jóvenes, en las mismas tierras que el sistema capitalista está tratando de arrebatar a las poblaciones locales, es una visión particularmente insolente y combativa, en un panorama global cada vez más complaciente y resignado, que se posiciona claramente y elige de qué lado estar.

Por lo tanto, nos resulta esencial resaltar la voluntad de intensificar y dedicarse a una labor de atención, cuidado y formación específica hacia las jóvenes generaciones, y la de mantener la construcción práctica y real de alternativas colectivas autónomas, que permiten visualizar y realizar laboratorios efectivos de contrapoder frente al capitalismo. Prácticas que proponen al mismo tiempo formas o focos de resistencia a la dominación cada vez más totalitaria de la unión indisoluble entre capital, mafia y Estado. Situación que —dada también la precariedad o la ausencia total de una salida laboral, de emancipación y de autodeterminación— muchísimas personas, en particular jóvenes, pobres y mujeres, en los últimos años, no han tenido otra opción posible que la de incorporarse a la mano de obra precaria relegada a las maquilas, a los trabajos mal remunerados y explotados en México o en Estados Unidos, al trabajo sexual que muchas veces cae en manos de tratantes, y en última instancia, alistarse como mano de obra para el crimen organizado.

Recuperar un territorio en el que al mismo tiempo se autoproduce el propio sustento, mediante el cultivo de alimentos básicos que pueden generar también autosuficiencia económica, se convierte en una forma de «barricada social, política y cultural» frente al avance del sistema criminal/mafioso del Estado y de los principales intereses económicos, privados o estatales. En un sistema que hace de la guerra su doctrina y su imposición del mundo, el esfuerzo en curso para contrarrestarlo con prácticas colectivas, autogestionadas y autónomas se convierte, por tanto, no solo en un NO a la privatización-despojo, sino también en un SÍ a otro mundo posible.

Conclusión: la turistificación como instrumento colonial de expoliación

Para el anciano campesino Miguel Sánchez Hernández y los habitantes de Playa Salchi y sus alrededores, la agricultura, al igual que la pesca en los ríos y en el mar, constituye una de las principales actividades y una fuente fundamental de sustento para las familias. Estas prácticas económicas y tradicionales han sufrido grandes transformaciones en los últimos años, debido a una lógica que pretende instaurar en esta región el «desarrollo» a través de un turismo de masas destructivo y mediante proyectos de infraestructuras logísticas, viarias de ellas que conectan a Oaxaca con Guerrero y Veracruz en el marco de los proyectos complementarios a la gran obra del Corredor Interoceánico del Istmo de Tehuantepec (CIIT). Esto ha tenido un impacto negativo en la forma de la propiedad social y ha introducido en la región una visión mercantilista de la tierra, fomentando el lavado de dinero y poniéndola en manos de agencias inmobiliarias y particulares.

Las grandes infraestructuras y los polos turísticos —contradiciendo el discurso oficial y «progresista» del gobierno— se abalanzan sobre las tierras indígenas como despiadados proyectos neocoloniales. Auténticas formas contemporáneas de conquista contra un modo de vida de subsistencia, considerado primitivo, excedente e inútil para el sistema capitalista.

La turistificación masiva de los recursos naturales y, en particular, de territorios específicos, no es en absoluto nueva para nosotros. También nosotros, como personas aquí presentes con la Brigada Internacionalista, vivimos o hemos vivido en territorios cuya explotación, ligada a la privatización de tierras y recursos (aguas, bosques, selvas, montañas), ha generado inmensas cantidades de dinero para blanquear, contribuyendo de manera masiva a la actual devastación social, cultural y territorial en curso.

Una tormenta planetaria que viene de lejos y que está arrasando con toda forma de vida que no se ajusta al capital. Una forma de necropolítica o de capitalismo gore que ya no sabe qué hacer con los cuerpos sobrantes, improductivos y que no se ajustan a los dictados del sistema. Y que, al mismo tiempo, sustrae las riquezas y los recursos naturales a las comunidades locales para valorizarlos en su propio modelo económico.

Una guerra que, históricamente en sus especificidades coloniales y de dominio, ha devastado territorios y poblaciones enteras, creando un contexto de dependencia y explotación, origen del enriquecimiento, de una cierta supremacía, del mal definido desarrollo y también —no lo olvidemos— de ciertos «derechos» conquistados en el mundo occidental, desde siempre depredador y colonial.

«El caso de Playa Salchi sintetiza uno de los retos fundamentales de nuestro tiempo: hacer frente a formas de criminalidad que han logrado camuflarse perfectamente con las estructuras legales e institucionales. No se trata de delincuentes que operan al margen del sistema, sino de delincuentes que son el sistema mismo», resume Kino Balu.

Playa Salchi se convierte, por tanto, en un paradigma de expoliación colonial, extendido no solo en México sino en muchas partes del planeta, donde las tierras ricas en diversidad y humanidad del llamado «sur global» son arrebatadas a sus respectivas poblaciones, mercantilizadas y convertidas en hiperproductivas con el fin de intensificar un turismo agresivo, rico y «blanco», al que no le importan en absoluto las especificidades de las comunidades locales. Un turismo por el que se privatizan los recursos, el coste de la vida sufre subidas insostenibles y los pobres son expulsados de los centros de interés o explotados en y por ellos, como mano de obra barata.

La resistencia

Una gentrificación y una turistificación, tanto masiva como dirigida a las élites acomodadas, que hace que poblaciones enteras, geografías y territorios pierdan memoria, dignidad y posibilidades de vida, relegándolos a los márgenes del sistema económico actual.

Una dignidad que, también aquí, nos enseñan que se puede recuperar con la acción directa en la resistencia, la reconexión con la tierra y la naturaleza, con la autogestión colectiva de los espacios y los tiempos.

Frente a esta maquinaria de expropiación, las comunidades de la Sierra Sur y de Playa Salchi han desarrollado ejemplos de resistencia que van más allá de la simple defensa del territorio. Su lucha pone en tela de juicio el propio modelo de desarrollo que considera los territorios como mercancía y las comunidades como obstáculos al progreso.

Aquí, como en otros lugares, la elección del bando en el que situarse se vuelve precisa y la oposición al sistema-guerra se hace concreta y real: en la construcción de un poder popular autónomo, en redes de solidaridad territorial que superan las fronteras impuestas por el Estado-nación y en formas de organización conflictivas y directas, cuya legitimidad no dependa de la mediación institucional.

«La tierra no se vende, se ama y se defiende»

Brigada Internacionalista, Playa Salchi, marzo de 2026

LA RESISTENZA DELLA SPIAGGIA DI SALCHI (ITA)

REPORT DELLA BRIGATA INTERNAZIONALISTA CONTRO LA PRIVATIZZAZIONE DI “PLAYA SALCHI”

Introduzione 

I giorni 25, 26 e 27 marzo 2026 un gruppo di compagnx del Nodo Solidale, del Collettivo Zapatista di Lugano, del SOA Il Molino e altre persone solidali d’Italia e Svizzera hanno realizzato una brigata internazionalista di solidarietà con la lotta contro la privatizzazione della “spiaggia di Salchi” nella costa di Oaxaca, Messico. 

I collettivi suddetti sono stati invitati dal Comité de Defensa de los Derechos Indigenas (CODEDI) – organizzazione popolare, presente in oltre 25 villaggi della regione che dal 1998 lotta per la difesa del territorio – a conoscere il caso emblematico di sfruttamento e speculazione delle terre a danno del contadino Miguel Sánchez Hernández. Durante le tre giornate di condivisione di saperi, workshop, giochi con l’infanzia e pratiche di lotta, si sono realizzate diverse interviste con le persone coinvolte in questa lotta in difesa del territorio, la cui sintesi si presenta in questo report e in un video che seguirà. 

Contesto sulla “questione della terra” in Messico

In Messico, come risultato delle lotte secolari, delle guerre contadine e delle rivoluzioni avvenute, esiste un sistema di proprietà della terra che riconosce, oltre alla proprietà pubblica e privata, anche la proprietà sociale (quindi collettiva) delle terre. Realtà che copre più della metà del territorio nazionale. Nello specifico a partire dalla rivoluzione di Emiliano Zapata e Francisco Villa venne sancito, nella Costituzione del 1917, l’invendibilità della terra e la sua ridistribuzione in nuclei agrari conosciuti come ejidos e tierras comunales. Ridistribuzione avvenuta a partire dalla fine degli anni 30 e in atto fino al 1992; anno in cui con una riforma costituzionale si è sancita la parziale vendibilità delle terre ejidali. Gli ejidos furono assegnati per decreto presidenziale, le tierras comunales vennero assegnate sulla base del riconoscimento delle terre “ancestrali”, definite dai documenti e accordi firmati tra i popoli indigeni e la Corona Spagnola, durante gli anni della Colonia. 

Tierra es Libertad

In generale l’uso di queste terre collettive è gestito dall’assemblea degli ejidatarios o comuneros, come massima autorità locale, dentro la cornice legale della Riforma Agraria. Sono terre che possono essere ereditate di padre in figlio o scambiate all’interno del nucleo agrario ma che non possono essere rivendute all’esterno dello stesso (salvo specifiche eccezioni). Queste forme di gestione delle terre rappresentano una vera e propria forma di potere comunitario, contadino e spesso indigeno a cui si ispira il cosidetto sistema degli “usi e costumi” (norme comunitarie ancestrali che regolano la vita politica, sociale e culturale delle comunità indigene che hanno una propria assemblea, elezioni per le cariche pubbliche senza la presenza di partiti politici e praticano il “tequio”, una forma di lavoro collettivo o di servizio comunitario, gratuito e a favore, appunto, della comunità). 

In Messico le terre collettive, almeno formalmente, si estendono su circa 100 milioni di ettari, gestite da più di 30.000 nuclei agrari. Questo sistema è stato costantemente erosionato da leggi, decreti e tentativi di riforme costituzionali e, nei fatti, con pratiche favorite dalle grandi imprese e consorzi economici e politici nazionali, tutti interessati a ridurre lo spazio di autonomia dei contadini e dei popoli indigeni nel Paese. Tutta questa terra “legalmente sottratta” al mercato capitalista, fa infatti gola a molteplici attori economici e politici.

Negli ultimi anni il crimine organizzato ha preso parte a questo saccheggio costante contro i popoli indigeni e i contadini, intervenendo come braccio armato tanto nei territori dove si sono realizzate o si vogliono realizzare le grandi opere promosse dal governo di turno (come il Corredor Transismico e il Tren Maya), quanto localmente associandosi con qualsiasi imprenditore o politico abbia in ballo guadagni succulenti su pezzi di terra collettivi. 

È necessario menzionare, per dare un quadro del contesto, che in Messico negli ultimi 20 anni sono state assassinate più di 500.000 persone e circa 134.000 risultano “desaparecidas”, cioè scomparse. Il Paese vive una guerra di frammentazione territoriale: una guerra civile “anomala”, intermittente, asimmetrica, sparsa ma profondamente violenta; tutto ciò si traduce in un sistema complesso di spoliazione a più livelli che tutti i giorni aggredisce, riduce e svende le terre collettive e si accanisce contro chi le difende. 

Il caso di spiaggia Salchi, dunque, è un esempio fra migliaia di altri, lungo tutte le coste del Messico.

Breve storia del furto di terre a Salchi 

Playa Salchi

Playa Salchi è parte dell’insieme delle terre comunales di San Pedro Pochutla nello stato di Oaxaca. Terre che, con la creazione del polo turistico di Bahias de Huatulco nei primi anni ’90, hanno subito una privatizzazione rapida e illegale. Il meccanismo più utilizzato è stato la compravendita di terreni attraverso l’emissione di documenti fraudolenti firmati dal commissario di turno dei bienes comunales. Il commissario è la figura eletta dall’assemblea dei comuneros che dovrebbe tutelare e gestire le terre collettive ma spesso diviene proprio l’autorità agraria locale più facilmente corrompibile da parte degli interessi privatizzatori (o eliminabile dagli stessi quando invece si rifiuta di entrare nel business). Molto spesso i commissari dei bienes comunales diventano così i complici principali degli imprenditori: ricevono da parte loro una tangente o una percentuale per i terreni ceduti, nonostante il fatto che gli atti di proprietà emessi non hanno alcun valore formale di fronte al Tribunale Agrario e al Catasto, ovvero quelle stesse istituzioni che, immerse nel medesimo sistema di corruzione generalizzato, diventano eternamente cieche di fronte a queste irregolarità croniche. 

La maggioranza delle ville che i ricchi sfoggiano sulle coste del Messico sono state costruite con questi permessi falsificati e su terre collettive indigene o contadine.

La baia della spiaggia di Salchi è lo sbocco sul Pacifico di un appezzamento di 28 ettari di tierra comunal assegnati a Miguel Sánchez Hernández, contadino di 87 anni, che se n’è preso cura da quando l’ereditò, per uso agricolo, da suo nonno adottivo. A partire dai primi tentativi di privatizzazione, Don Miguel si è rifiutato di cedere i terreni a lui assegnati per la costruzione di zone di turismo. Ma il suo diniego come proprietario formale è stato totalmente insufficiente per impedirne la privatizzazione. 

Nel 2000 David Ortega del Valle gli propose di vendere 10 ettari di terreno “fronte mare” a un consorzio immobiliare canadese, con la promessa iniziale di un pagamento per i terreni. Accordo che ad oggi non è stato rispettato. In questa zona, da allora fino al 2025, sono state costruite 42 abitazioni “vista mare”, occupate stagionalmente per lo più da canadesi in pensione. Negli anni Miguel Sánchez ha cercato di recuperare le terre attraverso l’appoggio di diverse organizzazioni sociali e di diritti umani, tra queste il CODEDI, che storicamente organizza comitati locali nella regione per la difesa dei diritti indigeni e si mobilita promovendo la resistenza contro i progetti capitalisti ed estrattivisti nei territori indigeni, specialmente sulla Costa e sulla Sierra Sur di Oaxaca.

la “colonia” canadiense

Nel 2017 il CODEDI e altre organizzazioni locali alleate hanno iniziato a lavorare ciclicamente i circa 14 ettari di terre rimaste libere dalla turistificazione, coltivando mais, zucchine e fagioli, cosi come altri alimenti destinati alle famiglie dei villaggi dell’organizzazione. 

Nel luglio del 2018, il coordinatore locale del Codedi, Abraham Hernández Gónzalez, viene sequestrato nei pressi della spiaggia e in seguito assassinato: il suo corpo verrà ritrovato nella vicina Cuatunalco. Le circostanze dell’omicidio non verranno mai realmente indagate e i responsabili ad oggi godono di assoluta impunità. Questo drammatico fatto innalza il conflitto per le terre di Salchi e rende palese la complicità della criminalità organizzata con gli imprenditori coinvolti. “Dall’agosto 2020 – racconta Miguel Sánchez – sono stato oggetto di ripetuti tentativi di esproprio delle terre e della mia dimora, con persone incappucciate e armate che mi sorvegliano ed effettuano ronde continue”.  Infatti denuncia l’anziano contadino durante una Carovana di Osservazione dei Diritti Umani nel settembre 2025, che nel 2020 giunsero 8 furgoni con persone armate e che fu sequestrato, minacciato di morte, attaccato con spintoni, volgarità e scherni di vario genere, atti che ne hanno compromesso lo stato di salute, al punto da dover essere operato d’urgenza. 

Si ha la testimonianza di almeno altre due azioni di intimidazione avvenute durante lo svolgimento di attività pubbliche:

– Il 7 giugno 2025 si tenne il “Forum in difesa della terra e dei diritti agrari dei contadini della costa”, con la partecipazione di 14 organizzazioni che hanno denunciato il tentativo di esproprio a Playa Salchi. Durante l’attività 16 persone armate legate al “Cartello degli Espropri” hanno fatto irruzione nei terreni di Miguel Sánchez, minacciando la sua vita per imporre un altro progetto turistico. 

Las viviendas arrasadas

– Il 29 gennaio 2026 un gruppo di civili, fra cui il colombiano Arturo Peralta (responsabile del progetto immobiliario del sudetto consorzio canadese), fece incursione nelle terre  di Miguel Sánchez, non ancora invase dalla turistificazione, con ruspe e macchinari pesanti, accompagnato da tre pattuglie della polizia statale. Durante l’aggressione le ruspe, scortate dalle forze dell’ordine e da alcuni civili con armi da fuoco, demolirono completamente alcune case e delle costruzioni sparse nei terreni agricoli, usate anche da altri contadini che sono soliti venire ad aiutare don Miguel a lavorare le terre. Armi in mano, ripetono gli insulti e le minacce contro l’anziano contadino e le altre persone presenti. La partecipazione della polizia statale, in evidente difesa di un’aggressione illegitima e illegale e al fianco di civili armati non identificati, rende ancor più palese la complicità delle istituzioni con l’agire criminale del “Cartello degli Espropri”.

Come internazionalisti non possiamo non notare l’agghiacciante similitudine di quest’ultimo fatto con le ruspe dell’esercito israeliano in Palestina che, in nome delle contorte leggi del “colonialismo di insediamento”, fortificano le aree privatizzate dai coloni “bianchi” e demoliscono, armi in mano e con violenza, le case dei nativi, dei contadini e dei pastori della zona. Il che ribadisce come il capitalismo sfoggia in geografie diversi gli stessi dispositivi coloniali e razzisti di discriminazione, pulizia etnica, esproprio e criminalizzazione.

Il “Cartello degli Espropri”

Don Miguel, i compagni e le compagne del CODEDI e delle altre organizzazioni alleate, riunitesi a difesa della spiaggia Salchi, indicano che esiste un gruppo di persone, tra i quali alcuni funzionari di Morena (partito al governo sia a livello statale che federale) che – in combutta con i commissari dei bienes comunales, con le autorità del tribunale agrario, con le forze dell’ordine e il crimine organizzato – si arricchiscono orchestrando le privatizzazioni delle spiagge e dei terreni comunales nella costa di Oaxaca. 

Insieme al caso di Salchi hanno reso noti anche i casi della vicina spiaggia El Coyote e della spiaggia El Coyul (vari chilometri più a sud). Questo gruppo di persone, battezzato il “Cartello degli Espropri”, applica ovunque lo stesso modus operandi: manda gente armata a intimidire e sgomberare i contadini con minacce e violenza; si appropria delle terre simulando legalità attraverso i documenti emessi dalle autorità agrarie corrotte; rivende ai consorzi immobiliari stranieri speculando su ogni metro di terra rubato (un lotto di 200mq, sottratto con inganno e violenza, viene rivenduto tra i 50.000 e i 100.000 euro – tra 1 e 2 milioni di pesos messicani). In seguito i consorzi di sviluppo immobiliare a loro volta rivendono a cifre stratosferiche le “villette fronte mare”, nel mercato dei loro Paesi d’origine (spesso Usa, Canadà, Unione Europea ma anche Arabia Saudita e Russia), fatturando in dollari. Il flusso di denaro generato da questa speculazione è immenso e beneficia solo chi è già ricco: funzionari, imprenditori e mafiosi. 

Il risultato di tutta questa operazione mafiosa non è nient’altro che una gentrificazione delle spiagge basata su un modello estrattivista che, ribadiscono gli interlocutori, può funzionare solo con il complice appoggio delle istituzioni, le cui operazioni irregolari sono lubrificate da sostanziose tangenti.

Gli attori locali e nazionali di questo “cartello”, segnalati come principali beneficiari del furto di terre sono i deputati federali Alejandro Avilés Álvarez (del Partito Verde Ecologista del Messico ma affiliato a Morena) e Juan Hugo de la Rosa (Morena), l’assistente giuridico Orlando Acevedo (del partito PRI), l’ex comissario dei bienes comunales de Pochutla Jesús “Chucho” Reyes, David Ortega del Valle (Direttore di Gestione Ambientale del Ministero dell’Ambiente di Oaxaca), il politico locale Alfonso Esparza, l’imprenditore Israel Carreño Morales (che sta privatizzando la spiaggia de El Coyote) e il contabile Sergio Castro López. Così il gruppo opera impunemente grazie alla protezione di elementi dei tre livelli di governo (Municipale, Statale e Federale) e con il coinvolgimento sia dei partiti della maggioranza che dell’opposizione.

La costa lava più bianco: spoliazione e riciclaggio di denaro(*) 

(* Questo capitolo è estratto da un articolo di Kino Balu https://elgirodelarueda.net/despojo-playa-salchi-castro-lopez-oaxaca/)

Construcciones ilegales

Il conflitto di Playa Salchi è un po’ l’emblema dell’offensiva dell’ espropriazione territoriale e della mercificazione del litorale di Oaxaca: un vero e proprio terreno di sperimentazione. Qui si intrecciano la storica criminalità finanziaria di personaggi come Sergio Castro Lopez (commercialista di umili origini che ha scalato le gerarchie fino a diventare un riciclatore di miliardi, attraverso il perfezionamento di quegli “schemi fiscali aggressivi” che hanno permesso a governatori e società di evadere ampiamente gli obblighi fiscali. La sua azienda – Inteligencia de Negocios – ha funzionato come centro operativo per reti di 150 prestanome, movimentando più di 100 miliardi di pesos in operazioni di riciclaggio), con quella di operatori politici locali, protetti dal nome di partiti come Morena e Verde Ecologista e sostenuti dalla “Quarta Trasformazione” al governo e dai suoi centri d’interesse.

Questo fenomeno rivela uno schema ricorrente: i progetti alberghieri su terreni espropriati, non sono solo operazioni immobiliari, ma anche meccanismi di riciclaggio di denaro. Gli alberghi consentono di giustificare ingenti flussi finanziari, generando al contempo beni immobili in territori strategici. La costa di Oaxaca, con il suo potenziale turistico e la sua debolezza istituzionale, offre le condizioni ideali per questa simbiosi tra espropriazione territoriale e riciclaggio di denaro. Il governo non solo tollera queste operazioni ma le integra organicamente nel proprio progetto politico, dimostrando che la cosiddetta «Quarta Trasformazione» può convivere tranquillamente con le forme più sofisticate della criminalità capitalista.

Hotel recuperado

Un modello di spoliazione integrale, in cui l’appropriazione del territorio si intreccia con il controllo politico, il riciclaggio di denaro e la cooptazione istituzionale per creare enclave di totale impunità e che opera attraverso diverse fasi: in primo luogo, l’identificazione di territori strategici con comunità istituzionalmente indebolite; in secondo luogo, la costruzione di alleanze con operatori politici locali; in terzo luogo, lo sviluppo di progetti immobiliari che giustificano il riciclaggio di denaro; in quarto luogo, la neutralizzazione delle resistenze attraverso la cooptazione o la criminalizzazione degli oppositori.

Don Miguel Sánchez, con i suoi 87 anni e gli oltre sessant’anni di lavoro su quelle terre, incarna tutto ciò che questo modello mira a eliminare: la memoria storica, i diritti territoriali ancestrali e la resistenza contadina. 

La sua espropriazione non è casuale: è metodica.

La resistenza e le alleanze 

Ma Don Miguel Sánchez Hernández non è solo. È accompagnato dal CODEDI e dalle organizzazioni sociali della sinistra anticapitalista del FORO (Fronte delle Organizzazioni di Oaxaca) e da altri alleati strategici che sono riusciti a trasformare questo caso in un esempio di resistenza e non di silente spoliazione, come purtroppo è successo in molti, troppi, casi simili nella stessa costa di Oaxaca, così come in altre parti di Messico.

Come già detto, nel giugno del 2025, fra le dune contese di spiaggia Salchi, si sono riunite 14 organizzazioni locali, che a loro volta hanno convocato la Misión de Observancia de los Derechos Humanos (Missione d’Osservazione dei Diritti Umani)realizzata il 12 e 13 luglio 2025 che ha redatto un dettagliato report sulla violazione dei diritti umani nelle spiagge di Salchi ed El Coyote. La missione ha riunito 17 organizzazioni della società civile, i rappresentanti legali del sindacato degli insegnanti della Sezione XXII della CNTE a Oaxaca, nonché cittadini e avvocati della società civile appartenenti a organizzazioni sociali, tutte con una lunga esperienza nella difesa dei diritti umani e collettivi nello Stato di Oaxaca. 

Sono state e sono presenti nella costante vigilanza del territorio e della situazione le seguenti organizzazioni: CODEDI, CODEPO (Comité de Defensa de los Derechos del Pueblo de Oaxaca), 14 DE JUNIO, CCCP (Consejo de Comunidades Campesinas y Proletarias), COCISS (Consejo de Comunidades Indígenas de la Sierra Sur), APIIDTT (Asamblea de los Pueblos Indígenas del Istmo en Defensa de la Tierra y el Territorio), la Ong EDUCA, MIUCO (Mujeres Indígenas y Afros Unidas por el Bien de la Costa Oaxaqueña), FPR (Frente Popular Revolucionario), FIZ (Frente Indígena Zapoteco), l’assemblea del villaggio indigeno Puente Madera, l’assemblea del villaggio indigeno El Coyul e la cooperativa Cimarronez.

Il CODEDI, negli anni, ha inoltre costruito una rete di collaborazioni e alleanze nazionali e internazionali con organizzazioni vincolate al Congresso Nazionale Indigeno (CNI) e con Collettivi europei che sostengono  lo zapatismo, come quelli coinvolti nella realizzazione del presente report. Grazie a questi contatti si è dato vita a una visita informativa e solidale di una brigata di attivisti italiani a fine luglio 2025 e l’attuale Brigata Internazionalista di fine marzo 2026. 

I collettivi coinvolti hanno preso l’impegno di continuare a monitorare la situazione di furto e di possibile repressione della resistenza nelle terre di Miguel Sánchez Hernández anche a distanza.

L’uso autogestito degli spazi e dei campi

I 14 ettari di terra che ancora resistono all’avanzata della colonizzazione immobiliare e turistica, sono ciclicamente coltivati con mais, fagioli, zucchine, papaya e altri frutti di stagione. I compagni e le compagne del CODEDI organizzano “tequios” con i comitati locali della propria organizzazione per dimostrare un uso sano, alternativo, ecologico e autogestito dei campi, in antitesi al modello estrattivista dei consorzi immobiliari. 

A Playa Salchi questi due modelli in completa opposizione, si fronteggiano fisicamente e politicamente.

Pintas en Playa Salchi

Il CODEDI viene da una lunga tradizione di processi autogestiti, partendo dall’esperienza del 2006 dell’insurrezione e della Comuna de Oaxaca e in qualche modo si è ispirato ai percorsi autonomi dell’Esercito Zapatista di Liberazione Nazionale (EZLN), del CIDECI in Chiapas e degli altri popoli indigeni del CNI (Congresso Nazionale Indigeno). Con questa spinta, nel 2013, ha creato un Centro di Formazione nell’Ex Finca Alemania (Sierra Sur) dove i bambinx e le giovani delle proprie comunità e villaggi possono studiare e apprendere diverse arti e mestieri, attraverso un processo pedagogico empirico e autonomo. Questo modello libertario di “scuola viva” viene periodicamente trasferito a Salchi, dove si organizzano workshop per bambinx e adolescenti che vengono realizzati negli spazi di un grande e moderno hotel abusivo, costruito senza permesso alcuno a pochissimi metri dalla spiaggia e recuperato in un secondo momento da chi sta difendendo il territorio. Uno spaccato – totalmente surreale e affiascinante, tanto quanto “comprensibile” o difficilmente spiegabile a parole – delle tante anomalie o particolarità (o contraddizioni?) di un Messico, da sempre alle prese con forme di lotta altrove impensabili. 

Da dicembre 2025 ad esempio, ci sono stati vari incontri e workshop per l’infanzia realizzati a Playa Salchi, che hanno trattato temi quali la biologia marina, il cibo sano contro cibo spazzatura, la medicina naturale, la storia orale e offerto spazio a cantastorie. I workshop sono solitamente impartiti da collettivi solidali che si dedicano ai temi menzionati e sono diretti principalmente agli alunni e alunne dell’escuelita autónoma di Finca Alemania e all’infanzia in generale presente a Salchi. 

Proveniendo da esperienze, soprattutto urbane, di autogestione e di autonomia, i collettivi e le persone partecipanti alla Brigata Internazionalista, ritengono questa forma – l’autogestione collettiva degli spazi e delle terre – come uno degli elementi fondamentali e decisivi per la costruzione di altri mondi possibili. Infatti, come insegna la storia delle tante esperienze di lotta messicane, la creazione dell’autonomia e di forme autonome di vite, è un cammino da percorrere e da intensificare con determinazione e costanza come forme di gestione collettiva di corpi, menti e territori. 

In questo contesto e per creare quelle forme di lotta e di aggregazione per opporsi alle dinamiche di esproprio e di sacchegio dei territori, la proprosta del CODEDI diventa un elemento di costruzione e di opposizione fondamentale. 

Actividad de la escuelita autónoma de la ex finca Alemania

La creazione di un futuro “Centro Comunitario di Formazione” dedicato all’infanzia e ai giovani, nelle stesse terre che il sistema capitalista sta cercando di sottrarre alle popolazioni locali, è una visione particolarmente insolente e combattiva, in un panorama globale sempre più accondiscendente e rinunciatario, che si posiziona chiaramente e che sceglie da che parte stare. 

Essenziale risulta quindi, da una parte, la volontà di intensificare e di dedicarsi a un lavoro di attenzione, di cura e di formazione specifico verso le giovani generazioni; e dall’altra mantenere la costruzione pratica e reale di alternative collettive autonome, per permettere di visualizzare e di realizzare laboratori effettivi di contropotere di fronte al capitalismo. Pratiche che proprongono al contempo delle forme/sacche di resistenza alla dominazione sempre più totalitaria del connubbio inscindibile capitale-mafia-stato. Situazione per la quale – vista anche la precarizzazione o l’assenza totale di uno sbocco lavorativo, di emancipazione e di autodeterminazione – tantissime persone, in particolari giovani, poveri e donne, negli ultimi anni, non hanno avuto altra opzione possibile se non aderire alla forza lavorativa precaria relegata alle maquilas, ai lavori sottopagati e sfruttati in Messico o negli Stati Uniti, alla prostituzione e alla vendita del proprio corpo o, in ultima istanza, arruolarsi come forza lavoro per la criminalità organizzata.

Riprendersi quindi un territorio, dove al tempo stesso autoprodurre il proprio nutrimento con la coltivazione di alimenti fondamentali che possono generare anche autosussistenza economica, diventa una forma di “barricata sociale, politica e culturale” fronte all’avanzare del sistema criminale/mafioso di Stato e dei principali interessi economici, privati o statali. Sistema che fa della guerra la sua dottrina e la sua imposizione del mondo e per cui lo sforzo in atto nel contrastarlo con pratiche collettive, autogestite e autonome diventa quindi non solo un NO alla privatizzazione-spoliazione ma anche un SÍ a un altro mondo possibile.

Conclusione: la turistificazione come strumento coloniale di spoliazione

Per l’anziano contadino Miguel Sánchez Hernández e gli abitanti di Playa Salchi e dintorni, l’agricoltura, così come la pesca nei fiumi e in mare, costituisce una delle attività principali e una fonte fondamentale di sostentamento per le famiglie. Queste pratiche economiche e tradizionali hanno subito grandi trasformazioni negli ultimi anni, a causa di una logica che vuole instaurare in questa regione lo “sviluppo” attraverso un turismo di massa e distruttivo e attraverso progetti di infrastrutture logistiche e stradali che collegano Oaxaca con Guerrero e Veracruz nell’ambito dei progetti accessori della grande opera del Corredor Interoceanico del Istmo de Tehuantepec (CIIT). Ciò ha avuto un impatto negativo sulla forma della proprietà sociale e ha introdotto nella regione una visione mercantilistica della terra, fomentando il lavaggio di denaro e mettendola nelle mani di agenzie immobiliari e privati. 

Le grandi infrastrutture e i poli turistici – contraddicendo il discorso ufficiale e “progressista” del governo – si avventano sulle terre indigene come spietati progetti neocoloniali. Vere e proprie forme contemporanee di conquista contro un modo di vita di sussistenza, considerato primitivo, eccedente e inutile per il sistema capitalista.

La turistificazione massiva delle risorse naturali e particolarmente di territori specifici, non ci è decisamente nuova. Anche noi, come persone qui presenti con la Brigata Internazionalista, viviamo o abbiamo vissuto territori il cui sfruttamento legato alla privatizzazione di terre e di risorse (acque, boschi, foreste, montagne) ha generato immense quantità di soldi da riciclare e da sbiancare (l’emblematico caso dell’incendio divampato in un bar a Crans Montana, in Svizzera, gestito tra speculazione e riciclaggio, con la presenza di tutti gli attori, i fattori e le particolarità del caso, ne è un esempio indicativo) contribuendo in modo massiccio all’attuale devastazione sociale, culturale e territoriale in atto. 

Excavadora en la playa

Una tormenta planetaria che viene da lontano e che sta spazzando via ogni forma di vita non consona al capitale. Una forma di necropolitica o di capitalismo gore che non sa più cosa farsene dei corpi in eccesso, non produttivi e che non corrispondono ai dettami del sistema. E che al contempo sottrae le ricchezze e le risorse naturali alle comunità locali per metterle a valore nel proprio modello economico.

Una guerra che, storicamente nelle sue specifiche coloniali e di dominio, ha devastato interi territori e popolazioni, creando un contesto di dipendenza e di sfruttamento, all’origine dell’arricchimento, di una certa supremazia, del mal definito sviluppo e anche – non dimentichamolo – di certi “diritti” conquistati nel mondo occidentale, da sempre predatore e coloniale. 

“Il caso di Playa Salchi sintetizza una delle sfide fondamentali del nostro tempo: affrontare forme di criminalità che sono riuscite a mimetizzarsi perfettamente con le strutture legali e istituzionali. Non criminali che operano ai margini del sistema, ma con criminali che sono il sistema stesso”, riassume Kino Balu.

Spiaggia Salchi diventa dunque un paradigma di spoliazione coloniale, diffuso non solo in Messico ma in tante parti del pianeta, dove le terre ricche di diversità e di umanità dei cosidetti “sud del mondo” vengono strappate alle rispettive popolazioni, mercificate e rese iperproduttive allo scopo di intensificare un turismo aggressivo, ricco e “bianco”, a cui non importa nulla delle specificità delle comunità locali. Turismo per cui le risorse vengono privatizzate, il costo della vita subisce dei rincari insostenibili e i poveri vengono espulsi dai centri di interessi o sfruttati negli stessi, come mano d’opera a basso costo.

Una gentrificazione e una turistificazione, sia di massa che per le élite benestanti, che vede intere popolazioni, geografie e territori perdere memoria, dignità e possibilità di vita, relegandole ai margini dell’attuale sistema economico. 

Una dignità che, anche qui, ci insegnano si può recuperare con l’azione diretta nella resistenza, il ricongiungimento con la terra e la natura, con l’autogestione collettiva degli spazi e dei tempi.

La resistencia

Di fronte a questa macchina di espropriazione, le comunità della Sierra Sur e di Playa Salchi hanno sviluppato esempi di resistenza che vanno oltre la semplice difesa del territorio. La loro lotta mette in discussione il modello stesso di sviluppo che considera i territori come merce e le comunità come ostacoli al progresso. 

Qui, come altrove, la scelta della parte della barricata in cui stare, diventa precisa e l’opposizione al sistema-guerra si fa concreta e reale: nella  costruzione di un potere popolare autonomo, in reti di solidarietà territoriale che superano i confini imposti dallo Stato-nazione e in forme di organizzazione conflittuali e dirette, la cui legittimità non dipenda dalla mediazione istituzionale.

“La tierra no se vende, se ama y se defiende”
Brigata Internazionalista, Playa Salchi, Marzo 2026

Articolo: La mia terra, la tua terra

Questo articolo è stato scritto per la rivista ufficiale della quattordicesima edizione di Enotica Festival del Vino e dell’Eros, realizzato nel CSOA Forte Prenestino (Roma), in questo mese di marzo del 2026.

La mia terra, la tua terra

“El común zapatista” come proposta pratica anticapitalista

In molti sanno che il 1º gennaio 1994 un’insurrezione armata in Chiapas scosse non solo il Messico, ma anche i movimenti sociali di mezzo mondo. Erano gli anni in cui il blocco capitalista dichiarava “la fine della storia” e ostentava il suo trionfo sul comunismo di Stato, facendo evaporare indirettamente gli aneliti rivoluzionari di ampi settori popolari in lotta. Eppure, quella “piccola” guerriglia di migliaia di indigeni armati di fucili e passamontagna, riaccese la speranza e il fuoco della rivolta contro l’ultima brutale espressione del sistema capitalista: il neoliberismo.

Molti ricordano sicuramente il Subcomandante Marcos, la sua pipa fumante nella selva umida, le sue parole roventi di ribellione e filosofia maya, inevitabilmente romantiche, che hanno reso famoso l’Esercito Zapatista di Liberazione Nazionale (EZLN) e hanno diffuso in tutto il mondo le ragioni profonde di quella rivolta indigena: pane, terra, casa, lavoro, educazione, salute, dignità, giustizia, pace, indipendenza e democrazia.

Ma cosa è successo dopo? Oggi, a 32 anni da quel formidabile evento storico, cosa resta di quel movimento?

All’inizio del nuovo millennio, i riflettori dei media mainstream si sono gradualmente spenti e gli zapatisti sono passati di moda. Anche i movimenti, soprattutto in Europa, hanno cominciato a rivolgere la loro attenzione verso altre lotte significative. In questo “silenzio” mediatico, l’organizzazione sociale zapatista si è consolidata e radicalizzata, creando un proprio progetto di autonomia che il governo messicano non ha mai voluto riconoscere ai popoli indigeni e che le comunità zapatiste hanno cominciato a esercitare unilateralmente. Oggi si contano circa un migliaio di villaggi zapatisti, tutti nello stato sudorientale del Chiapas, con la presenza dell’EZLN su un territorio di circa 20.000 km2. Si tratta di qualche centinaia di migliaia di persone, per lo più maya e contadine che vivono in una società parallela (e contrapposta) allo Stato messicano, senza dichiararne la secessione, sancendo piuttosto un’indipendenza politica nei fatti.

Fino al 2003, la struttura militare dell’EZLN amministrava e gestiva i territori liberati durante l’offensiva del 1994. Con il tempo, si crearono trenta Municipi Autonomi Zapatisti (MAREZ, acronimo spagnolo) che facevano riferimento a cinque Giunte del Buon Governo (JBG), insediate in altrettanti Caracoles, ovvero centri regionali di amministrazione autonoma. Nel 2003 si verificò una trasformazione importante: le forze guerrigliere, riconoscendo il proprio carattere intrinsecamente verticale e militare, cedettero la gestione territoriale alle forze civili dello zapatismo, dando vita a una separazione dei poteri inedita nella storia delle guerriglie marxiste latinoamericane. L’obiettivo era quello di favorire l’esercizio dell’autonomia politica in modo il più orizzontale possibile. Nel 2019 i Caracoles sono diventati dodici, favorendo la decentralizzazione delle attività politiche e assembleari del movimento. Infine, nel 2023, una nuova e radicale trasformazione della struttura zapatista ha abolito le Giunte di Buon Governo e i MAREZ, dando vita a una rete più capillare di Governi Autonomi Locali (assemblee locali dei villaggi zapatisti), coordinati tra loro dai Collettivi del Governo Autonomo Zapatista e dall’Assemblea dei Collettivi del Governo Autonomo Zapatista (l’assemblea generale di tutti i delegati di una zona che si riunisce solo per questioni non risolvibili a livello locale e regionale). Questa complessa “federazione” di villaggi è una struttura flessibile, ma salda su principi condivisi, tutti orientati al rafforzamento della democrazia diretta, alla tutela politica e sociale del ruolo delle donne, al rispetto profondo della natura e alla difesa del territorio contro la penetrazione di progetti estrattivisti o capitalisti in generale.

In poche parole, gli uomini e le donne zapatisti, con la creazione di scuole e cliniche autonome, stanno costruendo e vivendo un “altro mondo possibile”, in cui il salario è stato abolito e la rappresentanza è considerata un servizio comunitario rotativo e non retribuito. Non senza contraddizioni e con infinito sforzo (che deve anche affrontare gli attacchi narco-paramilitari, favoriti dallo Stato messicano, per minare la loro resistenza), i contadini e le contadine del Chiapas hanno creato un’alternativa reale ai modelli sociali e economici statali e capitalisti, così come dall’altra parte del pianeta, i popoli curdi in Rojava hanno costruito una società egualitaria nel deserto dei fondamentalismi. Gli aspetti di questa organizzazione sociale “altra” sono moltissimi e meriterebbero un’analisi che qui non possiamo approfondire, ma partendo da un punto che l’EZLN stessa considera prioritario, vorremmo raccontare della gestione collettiva della terra, cuore e motore dell’autonomia zapatista.

La Riforma Agraria, sancita dalle conquiste della Rivoluzione del 1910 che in qualche modo ridistribuì 31 milioni di ettari ai contadini messicani, non era mai stata del tutto applicata in Chiapas, a causa della forte capacità di resistenza dell’oligarchia locale, ferocemente conservatrice e ancora legata alle dinastie spagnole del tempo della Conquista. Fu solo a metà degli anni Novanta, subito dopo l’insurrezione armata, che la geografia politica ed economica del Chiapas venne ridisegnata dal basso: le azioni dirette dei contadini contro il latifondo sfociarono in centinaia di occupazioni che, cacciando i vecchi e ricchi terratenientes, portarono a una ridistribuzione dal basso della terra e alla creazione di nuovi villaggi, dove prima sorgevano le ville dei signori e i dormitori dei loro braccianti. Si stima che circa duecentomila ettari siano stati “recuperati”, ovvero strappati ai colonizzatori e riappropriati dai popoli nativi, la maggior parte dei quali era organizzata nell’EZLN. I zapatisti definirono senza mezzi termini questo processo, inizialmente armato, una “riappropiazione originaria dei mezzi di produzione sui quali è stato possibile costruire tutto il resto”. Per i popoli indigeni della regione, però, la terra è molto più di un semplice mezzo di produzione: è territorio sacro, è madre che nutre, è sudario che avvolge gli antenati, è casa condivisa con tutti gli altri esseri viventi. Tuttavia, queste centinaia di migliaia di ettari “in mano al popolo” rappresentano la base materiale delle condizioni di esistenza delle migliaia di persone affiliate allo zapatismo (e non solo).

Queste terre sono state assegnate a diversi nuclei agrari che le gestiscono tramite la propria assemblea, con un modello simile a quello dell’ejido, riconosciuto dalla Riforma Agraria. Nessun zapatista possiede legalmente la terra all’interno del proprio nucleo, che non può quindi essere venduta o ipotecata. La proprietà è intesa solo come possesso comune e, pertanto, ogni nucleo familiare riceve una parcella per uso domestico. Le terre restanti sono adibite sia a coltivazioni collettive (i cui turni di lavoro sono a rotazione e il cui raccolto viene distribuito o venduto in base alla decisione dell’assemblea di tutti i partecipanti del nucleo agrario) sia a spazi pubblici silvestri (boschi non deforestabili, lagune e fiumi lasciati per la rigenerazione idrica del suolo e per garantire l’accesso all’acqua potabile alla comunità). In tutto il territorio zapatista è proibito l’uso di fertilizzanti o diserbanti chimici e la produzione di concimi naturali o pesticidi biologici è affidata a gruppi di promotores de agroecologia, nominati in assemblea in ogni villaggio, con l’obiettivo di migliorare la produzione agricola senza danneggiare il suolo o compromettere l’ecosistema. Il prodotto più coltivato è il granturco, cereale simbolo della cosmovisione mesoamericana, tanto che le popolazioni native sono solite definirsi “figlie del mais”. Tuttavia, il mais non viene coltivato come monocoltura, ma in un sistema di agricoltura sinergica chiamato milpa, in cui il mais funge da sostegno per i fagioli, entrambi protetti dal peperoncino, mentre le ampie foglie delle zucchine, delle zucche e del chayote mantengono il terreno umido e privo di erbacce. La milpa è lo spazio sacro del contadino maya, il nucleo spirituale e materiale della sua autosussistenza, nonché la metafora della logica solidale della comunità indigena intesa come soggetto collettivo: si è ciò che si è insieme, perché ognuno cresce ed esiste grazie allo sforzo del prossimo. Spesso le parcelle famigliari sono coltivate insieme al vicino e un parente aiuta l’altro e viceversa, in un sistema chiamato “mano vuelta” o “cambio de mano”, dove concretamente una mano aiuta l’altra.

Il lavoro collettivo di queste terre travalica la comunità locale e coinvolge, in un complesso sistema di turni, anche campi coltivati e gestiti a livello regionale, i cui raccolti servono a mantenere le vedove, gli anziani senza famiglia e, soprattutto, a finanziare le spese del governo autonomo, delle cliniche e dei centri di formazione locali. Uno dei pochi prodotti esportati e venduti sul mercato nazionale per questi scopi è il caffè, che germoglia facilmente nelle montagne boscose del Chiapas e attorno al quale si sono create numerose cooperative autonome di piccoli produttori. Quindi, gli uomini e le donne zapatisti non pagano le tasse, ma si alternano nella cura e nella lavorazione dei campi per risolvere, sia a livello alimentare che economico, i bisogni di tutta la popolazione che aderisce al progetto autonomo. Un welfare state contadino e autogestito.

Ma nel 2023 la società zapatista radicalizza ulteriormente questa concezione della proprietà sociale della terra. Dopo un lungo dibattito, in parte reso pubblico, sulla contraddizione irrisolvibile tra l’aumento della popolazione e l’assegnazione sempre più ridotta di parcelle ai contadini secondo i criteri istituzionali della Riforma Agraria, gli zapatisti lanciano una proposta chiamata “El Común”. Si tratta di un tentativo dal basso per ammortizzare la crisi economica della regione, ridurre la frammentazione esponenziale causata dalla privatizzazione delle parcelle e, di conseguenza, frenare la forte migrazione giovanile verso gli Stati Uniti o il reclutamento nel crimine organizzato, viste come uniche opzioni di fronte alla mancanza di condizioni sufficienti per una sopravvivenza dignitosa. I villaggi zapatisti aprono dunque le proprie terre (e non solo) a chi ne ha bisogno e desidera coltivarle, senza distinzioni fra membri dell’EZLN e non, rendendo coerentemente reale lo slogan del rivoluzionario Emiliano Zapata: “La terra è di chi la lavora”. Gli ettari di terra recuperati durante l’insurrezione vengono quindi messi a disposizione di tutta la popolazione rurale per la coltivazione collettiva, a condizione che vengano rispettati i principi definiti dall’organizzazione zapatista: la terra non può essere lottizzata, venduta o affittata; non possono essere coltivate piante per stupefacenti o assegnate a progetti di monocolture promossi dal governo federale e dalle imprese; i turni di lavoro, il calendario agricolo, le regole specifiche e la ripartizione del raccolto sono definiti dall’assemblea degli agricoltori e delle agricoltrici partecipanti, senza interferenze da parte di attori esterni.

“El Común” quindi mira a rafforzare il tessuto sociale comunitario, al di là dell’affiliazione o meno al progetto zapatista, e a risolvere il problema della sovranità alimentare dal basso per le popolazioni locali, con una proposta che, nei fatti, si rivela radicalmente anticapitalista, in quanto nega il principio di proprietà della terra, il suo uso individualista e la depredazione chimica da parte delle grandi imprese. “Todo para todos, nada para nosotros” era uno degli slogan della ribellione zapatista del 1994. “Tutto per tutt*, niente per noi” è ancora oggi la realtà di un mondo diverso, solidale, egualitario di questi uomini e queste donne “del colore della terra”.

Tutto ciò ci è stato riportato con una narrazione corale nell’Encuentro de Resistencias y Rebeldías, uno dei periodici incontri internazionali zapatisti, realizzato nei pressi del Caracol de Morelia. Dal 2 al 16 agosto 2025, circa 800 persone provenienti da 30 Paesi del mondo hanno convissuto, dialogato e scambiato idee e progetti di resistenza con oltre mille persone giunte in rappresentanza dell’EZLN, tra cui contadini, miliziani, promotores, donne delle cooperative e comandanti (e bambini che correvano ovunque). I temi proposti dall’EZLN e affrontati dalle decine di organizzazioni e collettivi presenti riguardavano: la distruzione della natura, gli attacchi alla diversità in tutte le sue forme, la distruzione delle identità culturali, dei popoli e delle comunità, la resistenza nell’arte e nella cultura, la migrazione, il razzismo e la segregazione, le guerre e la distruzione della vita in tutti i suoi aspetti. In quella verde valle, cuore del territorio ribelle di questi indomiti popoli maya, l’idea del “Común” ha però superato i tavoli di lavoro e le discussioni politiche delle numerose commissioni presenti, trasformandosi in pane, tortillas e fagioli garantiti per tutti, diffondendosi nelle aree del campeggio, nelle mense, nei bagni collettivi e nei prati fangosi, dove ci si scambiava i contatti in lingue diverse, si condividevano risate, coperte, impermeabili, ironia e sogni, ovvero si condivideva la vita nella sua forma più diversa, ribelle e collettiva.

Nodo Solidale – nodosolidale.noblogs.org

Giù le mani dagli spazi sociali!

La stessa mattina dello sgombero di ZK Squat, il 29 gennaio, è stato dato un mese di tempo alle compagne e ai compagni del Sesto Ponte del Laurentino 38 per abbandonare un’occupazione abitativa e sociale che resiste da 35 anni, in una delle periferie popolari di Roma.

Entrambi questi spazi appartengono alla nostra storia attraverso una complicità che dura sin dalla nascita, quasi due decadi fa, del Nodo Solidale. I centri sociali, gli squat, le occupazioni abitative e sociali sono il territorio naturale della solidarietà popolare e internazionalista, in questi ambiti il Nodo Solidale ha realizzato, insieme a centinaia di compagn* negli anni, cene sociali, dibattiti, mostre, concerti, riunioni e manifestazioni, divenendo cuore pulsante, militante, collettivo della metropoli.

L’attacco a ZK e la volontà di sgombero di L38 Squat, due realtà del quadrante Roma Sud/Ostia, si inseriscono nel tentativo da parte dello Stato di mettere fine all’esperienza di un intero movimento che ha dimostrato anche quest’anno durante la grande mobilitazione per la Palestina di essere l’unico antidoto alla svolta autoritaria in atto in Italia e non solo. Vogliono sottrarre gli spazi fisici di questa forza.

Prima il Leonkavallo a Milano, poi Askatasuna a Torino e le minacce a Officina 99 a Napoli e qui a Roma a Spin Time. Vogliono sgomberare la storia, vogliono reprimere il presente.

Da entrambe le sponde dell’oceano in cui è attivo il nostro collettivo inviamo un abbraccio solidale e ribelle alle sorelle e ai fratelli da sempre nostri complici e invitiamo a partecipare a tutti i passaggi di mobilitazione per difendere gli spazi sociali. Uno per uno, metro per metro.

Non ci avrete mai, come volete voi!

Il Nodo Solidale (Italia/Messico)

¡ALTO A LA PRIVATIZACIÓN DE LAS PLAYAS!

SOLIDARIDAD ANTE EL DESALOJO DE LAS Y LOS CUIDADORES DE PLAYA SALCHI EN OAXACA

Con profunda rabia e indignación, hacemos eco del comunicado de diferentes organizaciones sociales de Oaxaca, quienes denuncian que el día 29 de enero un grupo de civiles, acompañados por excavadoras, maquinarias y por patrullas de la Policía Estatal de Oaxaca incursionaron en los terrenos comunales de Playa Salchi,defendidos y cuidados por la lucha colectiva de los pueblos de la Costa. Estos terrenos comunales son asignados al compañero Miguel Sánchez Hernández, campesino que, con el respaldo colectivo de familias y varias organizaciones locales, entre ellas nuestros compañeros del Comité por la Defensa de los Derechos Indígenas (CODEDI), lleva años negándose a rendirse vendiendo y cediendo sus tierras y playa a lo que las organizaciones populares defensoras llaman el “Cartel del Despojo”.

Este cartel está integrado por funcionarios públicos de la 4T en Oaxaca, quienes avalan con su trabajo institucional y operativo la privatización de las playas, ilegítima e ilegal ante la Reforma Agraria, llevada acabo por un grupo de personas que desde hace años despojan y revenden ilegalmente los terrenos de la zona, con prácticas mafiosas como amenazas, armas y violencia.

Desde el Nodo Solidale (Italia/México) nos unimos al coro de rabia y de indignación de las diferentes organizaciones involucradas en la defensa colectiva del territorio y seguiremos denunciando en México, en Italia y en todos los lugares en donde nos corresponda, el abuso de poder y el contubernio de las más altas instituciones de Oaxaca y de los políticos de Morena con el crimen organizado y los despojadores de la región de la Costa.

Un fuerte abrazo combativo y solidario a don Miguel, las familias afectadas y a las organizaciones en resistencia, porque las playas, como los bosques y los montes, no son recursos a explotar sino bienes colectivos de los pueblos del mundo.

La lucha no se frena con una excavadora: ¡la tierra para quien la ama, la trabaja y la cuida!

Nodo Solidale (Italia/México)

Desde México: ¡Libertad para Anan Yaeesh!

«Nací en Palestina y eso no fue una elección mía. Resistir, en cambio, fue la mejor decisión de mi vida»  Anan Yaeesh, preso político

El día 16 de enero nos enteramos que el Tribunal Penal de L’Aquila (Italia) ha condenado al preso político palestino Anan Yaeesh a una pena de 5 años y 6 meses de prisión en el juicio por asociación con fines terroristas. Afortunadamente los otros dos compañeros acusados, Ali Irar y Mansour Doghmosh, fueron absueltos en esta sentencia de primer grado. Consideramos este veredicto parte de un juicio político contra la resistencia palestina y el inmenso movimiento internacional en su solidaridad.

¿Quíen es Anan Yaeesh?

El compañero, un activista y militante de Palestina que vive en Italia, sigue encarcelado en las prisiones de alta seguridad desde enero de 2024. Se le acusa de ser parte de una facción de las Brigadas de Al-Aqsa en Tulkarem, Cisjordania, lugar en donde el compañero nació hace 37 años. Anan nunca ha negado haber tomado parte en la resistencia armada en su tierra natal, como necesaria forma de supervivencia ante el sistemático y violento genocidio perpetrado por el ejército invasor y colonial del estado de Israel. Tras ser herido en una emboscada y haber pasado 4 años en una cárcel sionista, desde el 2017 el compañero vive en Italia, siguiendo con su lucha en el movimiento social, especialmente el movimiento en solidaridad con la liberación de Palestina. Por esta terquedad de seguir la lucha, se le ha arrestado y ahora se le sentencia.

Un proceso político

Desde su arresto, los fiscales italianos no han conseguido ninguna prueba de la participación directa de Anan Yaeesh en los hechos específicos contestados, de hecho por esta misma razón los otros dos compañeros detenidos, Alí y Mansour, han sido primero excarcelados y ahora absueltos. Las supuestas pruebas de “terrorismo” han sido aportadas sólo por una carpeta proporcionada por el Shin Bet (servicio secreto interno israelí) al MP italiano, en un intento político de crear un peligroso antecedente en donde el derecho de resistencia de un pueblo invadido sea traducido, interpretado y castigado como “actos de terrorismo”. 

Durante el juicio, la campaña “Free Anan” afirmó: “La fiscalía no logró probar la participación de los tres en acciones violentas contra civiles ni colonos israelíes. No se demostró ninguna violación de los límites impuestos por el derecho internacional en cuanto al derecho a la resistencia. De hecho, la fiscalía ni siquiera logró probar que tales hechos ocurrieran. Esto confirma la naturaleza política de un juicio que, cada vez más, parece un intento de criminalizar la solidaridad y la resistencia palestinas”. Toda la acusación de los fiscales italianos ha buscado imponer una interpretación empapada de harto racismo porque juega sucio, usando el teorema “árabe = musulmán = terrorista” con el cual han bombardeado a la opinión pública en Italia y en el mundo durante años. 

Por estas razones, el proceso de Anan se ha vuelto motivo de constante movilización en Italia y en muchas partes del mundo, siendo paradigmático de cómo los tentáculos de las políticas coloniales sionistas llegan a otros países y cómo los Tribunales y gobiernos de Occidente (y no sólo) se presten como mano de obra mercenaria en contra del derecho de resistencia de los pueblos del mundo. Los dueños del planeta – como quedó manifiesto con el genocidio en Gaza y la incursión en Venezuela – hacen y deshacen sus mismas reglas. Reprimir hoy a los palestinos abre el camino para reprimir cualquier resistencia ante las invasiones militares que se vienen y la disidencia interna de cualquier país y gobierno. 

Por todo ello, las organizaciones abajo-firmantes repudiamos el teorema racista y colonial aceptado por el Tribunal de L’Aquila y señalamos que este está actuando como títere de los servicios de inteligencia de Israel. Sabemos que lo que está pasando en Italia y otros países puede pasar en México, porque todos los gobiernos del mundo anhelan con poder tildar y castigar de “terrorismo” los actos de disidencia y rebelión de los pueblos que oprimen.

¡Anan Yaeesh libre! ¡Todxs somos palestinxs!

Firmas:            

Grupo de Trabajo No Estamos Todxs
Nodo Solidale (Italia/México)

Colectivo Editorial A Tinta Negra
Organizaciones Indias por los Derechos Humanos en Oaxaca (Oidho)
Comité de Defensa de los Derechos Indígenas (CODEDI)
Brigada Callejera de Apoyo a la Mujer, E.M. A.C.
Red Mexicana de Trabajo Sexual
Coordinadora de Organizaciones, Colectivxs e Individuxs por Palestina en Chiapas
Observatorio Memoria y Libertad
Acción Palestina Chiapas

Como matar de cárcel a un anarquista: el caso del compa Yorch

Este articulo se escribió en italiano para darle difusión en aquella geografía, porque consideramos dramáticamente emblemático el caso de persecución contra el compañero anarquista Yorch. Le tocó a él, pero podría tocar a cualquiera que hace de la lucha un camino “otro” ante la horrorosa y explotadora normalidad capitalista. Proponemos el mismo articulo en español, para su mayor difusión. ¡Yorch vive, la lucha sigue!

Guerra afuera, guerra adentro, guerra por doquier

En varias ocasiones como colectivo hemos intentado proponer y escribir un análisis del México que vivimos cotidianamente, y no sólo, basándonos en el concepto de guerra, como instrumento de destrucción, acumulación y gestión del presente en clave capitalista. Una guerra que asume formas y tiempos enloquecidos y frenéticos, pero lleva consigo un común denominador: el ataque a la vida, a través del horror y el dominio de la violencia, del genocidio de masa a las fosas clandestinas del narco-estado, pasando por la desaparición forzada y el terror como método de domínimo de los territorios, terminando en un siempre más oprimente tecno-control social direccionado a la aniquilación de cualquier forma de resistencia o alteridad. La vida, debe de ser optimizable y manipulable, sino es considerada inútil, según el paradigma vigente y ya establecido sin ningún tipo de pudor. Una gran parte de la humanidad es considerada sacrificable, no solo a través de las guerras en campo, armadas y dirigidas a distancia hacia el “sur global” o el “otro de Occidente” (Palestina, Siria, Ucrania, Sudan, República Democrática del Congo, Yemen, Venezuela, Colombia y muchos otros territorios), pero también al interno de los Estados Nación y sus meandros administrativos: lxs que no se alinean, que luchan, que no se acoplan, no se venden y no están disponibles, las alteridades todas, se vuelven víctimas reales de una guerra interna. La cárcel y la represión, en este esquema, son los instrumentos fundamentales de la gestión y de la reconversión de la vida misma en clave capitalista y sus políticas de seguridad. No hay ningún derecho, ninguna justicia escrita o constitución nacional, ninguna ética formal, con la capacidad de parar esta máquina devoradora. 

El caso del compañero Yorch. El primer arresto

El compañero anarquista Jorge Emilio Esquivel Muñoz, apodado “El Yorch”, artesano y cocinero, prisionero político, fue asesinado el pasado 9 de diciembre por esta máquina, en las patrióticas celdas del Estado mexicano en la Ciudad de México. Años de un secuestro e innumerables violencias y omisiones por parte del sistema penitenciario, le arrancaron la vida. Una historia terrible que nos provoca una intensa rabia y una profunda tristeza. En la Ciudad de México estandarte de la 4T morenista, a la espera del Mundial, de un proyecto político y económico extractivista basado en el despojo de la ya saqueada ciudad por el mercado inmobiliario, no hay espacio para una vida que se escapa de los márgenes del trabajo y la producción. La vida de Yorch, estaba empapada de cultura punk y autogestión, en el auditorio ocupado Che Guevara, una de las pocas ocupaciones políticas todavía vivas en la Ciudad de México, espacio anarquista al interno de la Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM). Un espacio que Yorch vivía y hacía vivir cotidianamente antes de ser arrestado y asesinado. 

No fue la suerte la que mató a Yorch, sino una conspiración y una historia de violencia e injusticia por parte del Estado y de la tan renombrada y prestigiosa UNAM.

Yorch fue secuestrado en una violenta emboscada el 24 de febrero de 2016, cerca del campus universitario de la UNAM, al término de un evento cultural en el Okupa Che, donde fue capturado y subido a una furgoneta sin matrícula por unos 15 hombres vestidos de civil. Sobre la base de acusaciones inventadas y una denuncia anónima falsificada, Yorch fue acusado por la Procuraduría General de la República (PGR) de tráfico de drogas después de que le ocultaran una gran cantidad de drogas diferentes en una mochila que le atribuyeron (mochila que nunca aparece durante su captura en los vídeos de las cámaras de vigilancia, cuyas pruebas demostraron que no contenían sus huellas dactilares). Juzgado por el delito de posesión de drogas, fue trasladado primero a la prisión federal de Miahuatlán (Oaxaca) y luego a la prisión de máxima seguridad de Hermosillo (Sonora), a miles de kilómetros de distancia entre el sur y el norte del territorio federal mexicano, en un intento de complicar su defensa legal y romper la solidaridad y el apoyo de sus compañer@s. En marzo del mismo año fue puesto en libertad bajo fianza, con una reducción del delito a simple posesión de drogas. Sin embargo, continuaron las amenazas, la estigmatización mediática y una campaña de criminalización en su contra, incluso por parte de círculos internos de la universidad, llegando a acusarlo de pertenecer al crimen organizado o incluso a declararlo muerto en un enfrentamiento armado entre bandas.

La segunda detención

La historia se repite tristemente. La noche del 8 de diciembre de 2022, cinco personas vestidas de civil siguen a Yorch desde el Okupa Che a la salida de la UNAM y, junto con otras doce personas, también vestidas de civil, lo secuestran de nuevo con tres coches sin matrícula y un coche de la policía local del distrito de Coyoacán, sin ninguna orden de detención ni comunicación de los motivos de su detención. Trasladado al centro penitenciario Oriente de Ciudad de México, la PGR presenta un recurso y restablece los cargos de 2016. Encarcelado preventivamente durante 18 meses, en junio de 2024 Yorch es condenado injustamente a 7 años y seis meses de prisión. El proceso se caracteriza por continuos retrasos y cancelaciones, incluida la nueva presentación de las pruebas en noviembre de 2023. Posteriormente, la pena se fija en 5 años y 100 días de multa. No vivirá lo suficiente para cumplirla.

Represión contra Okupa Che

La criminalización pasa aquí por la detención arbitraria y la fabricación de delitos contra Yorch, una forma de condenar su vida, su activismo dentro de la Okupa Che, así como un ataque directo al espacio anarquista y a su existencia política. De hecho, ya en años anteriores, la Okupa Che ha sido objeto de diversos ataques por parte de porros (grupos de matones organizados y pagados por la Universidad cuyo objetivo es provocar y agredir a los movimientos estudiantiles y las luchas sociales) y constantemente acosada, espiada y controlada por los guardias de seguridad privada de la UNAM. Un modus operandi histórico y eficaz para el gobierno de la Ciudad de México, que utiliza constantemente la fabricación de delitos para desmantelar y criminalizar los movimientos sociales políticos radicales, como ocurrió recientemente en el caso de algunas compañeras durante el desalojo de la ocupación Okupa Cuba en 2022.

De la cárcel a la tumba

Durante los años de reclusión entre los penitenciarios Oriente y Sur, la cárcel y su entorno minan la salud de Yorch. Es torturado, aislado y castigado en varias ocasiones, lo que agrava un progresivo deterioro de su salud a partir de una apendicitis no tratada desde hace tiempo; tal y como han denunciado en repetidas ocasiones sus familiares y compañer@s, Yorch nunca recibió atención médica concreta. A pesar de presentar síntomas graves, el centro sanitario penitenciario se limitó a administrarle analgésicos básicos como el paracetamol. La situación llegó a un punto extremo con problemas neurológicos muy graves que le impedían respirar por sí mismo. Solo después de varias presiones, el 1º de noviembre de 2025 fue trasladado al Hospital General de Topilejo, donde ingresó en un estado avanzado de deterioro debido al largo período de negligencia y a los efectos que el criminal sistema penitenciario y judicial tienen sobre la salud de todas las personas presas, y más aún en este caso, donde la violencia del Estado y de la UNAM orquestaron la represión contra él. En las últimas semanas, Yorch vagó de un lugar a otro sin que las autoridades penitenciarias y hospitalarias proporcionaran información precisa sobre su estado. Solo al final, las personas solidarias y que estaban a su lado supieron que había sido intubado. La situación de Jorge Emilio Esquivel era, por desgracia, irreversible, su cuerpo estaba agotado y el 9 de diciembre de 2025, el compañero Yorch falleció.

Una advertencia contra tod@s l@s rebeldes

Su muerte es, a todos los efectos, un asesinato ejemplar y brutal, un mensaje dirigido a la comunidad anarquista y a quienes intentan resistir en esta monstruosa metrópolis y en este México en guerra. La sociedad carcelaria, la arrogancia autoritaria, la falta de atención médica y el Estado mataron a Jorge, como a tantos otros compañeros antes que él en la historia de los oprimidos. Si, por un lado, la brutalidad del Estado capitalista a la hora de eliminar a sus enemigos y las vidas improductivas no es nada nuevo, por otro, con profunda rabia, consternación y tristeza, nos despedimos de un compañero, con la promesa de no olvidar un crimen de Estado. Nos despedimos de Yorch y de lo que representaba por última vez, este miércoles 10 de diciembre de 2025, en el cementerio de San Juan Iztapalapa, en la Ciudad de México.

Consideramos muy grave que un compañero, un preso político, muera en las cárceles de esta manera, tras años de reclusión y negligencias médicas reiteradas, sin que ninguna institución asuma la responsabilidad de lo sucedido. Porque la guerra contra la vida es tan necesaria y está tan avanzada, que matar de inanición a un punk anarquista en prisión pretende ser la nueva normalidad que se utilizará como advertencia para aquellas «otras vidas» inútiles, sobrantes, para el Estado capitalista y sus paradigmas de necesidad.

Y es la misma historia gravísima que comparte el horror y la tragedia de la violencia institucional y la guerra total contra la vida, mecanismo cotidiano que se da hoy en México, lo que en algunas ocasiones hemos definido como “guerra de fragmentación territorial”, cuyo saldo nos habla de más de medio millón de muertos asesinados y 130,000 desaparecidos en 19 años. Sólo que esta vez no hay ningún cártel ni grupo criminal detrás del cual esconderse, ninguna operación especial en nombre de la seguridad que interponer. Solo hay la violencia institucional y penitenciaria más siniestra, destinada a destruir horizontes de vida diferentes, como el de Jorge y su mundo rebelde.

La criminalización continua y capilar de los movimientos sociales y de los compañeros es simplemente otra arma, la enésima, a través de la cual el gobierno mexicano sigue alimentando el negocio y la retórica de la guerra, de la que se benefician políticos, mafiosos y empresarios, mientras que comunidades enteras, urbanas y rurales, en resistencia, son desgarradas por la violencia que está devorando este país.

Un muerto más, un compañero menos, un nombre que se convierte en cifra, como para cada desaparecid@, para cada campesin@ oprimid@, para cada marginad@ metropolitan@, para cada pres@ en las cárceles, para cada mujer asesinada, para cada migrante asesinado en las mil fronteras de este México. Jorge es la enésima víctima inaceptable de un capitalismo que mata para acumular y expandirse cada vez más ferozmente.

La llama aún arde

Ahora queda la tarea más grande y complicada: expresar la venganza en clave social, convertir el dolor en lucha, organizar la resistencia y luchar para que lo que sufrió Jorge no lo sufra nunca más nadie.

Abrazamos con solidaridad y cariño a los amig@s y compañer@s cercan@s a Yorch, a la banda del Okupa Che, la comunidad anarkopunk chilanga, l@s compañer@s anarquistas de la ciudad de México y a todos los que acompañaron a Yorch tanto en su vida en libertad como en la de recluso. Miramos con desprecio, horror y rechazo a las instituciones inhumanas que violaron su cuerpo, la cárcel y sus malditos muros, el gobierno de la Ciudad de México y las autoridades de la UNAM, que mataron a Jorge por ser punk, anarquista y rebelde.

Que la memoria de Yorch permanezca viva en todos los lugares de lucha.

Que se multipliquen las acciones solidarias en todas partes.

Con amor y rabia.

Que la tierra te sea leve, compa Yorch.

Nodo Solidario (Italia/México)

GUERRA ALLA VITA: FAR MORIRE DI CARCERE L’ANARCHICO YORCH

Guerra fuori, guerra dentro, guerra ovunque

Più volte come collettivo abbiamo scritto e cercato di proporre un’analisi del Messico odierno, e non solo, basata sul concetto della guerra, come strumento di distruzione, accumulazione e gestione del presente in chiave capitalista. Una guerra che assume forme e tempi disparati, ma che ha sempre un comune denominatore: l’attacco alla vita, in una riconversione e stracciamento di quest’ultima, attraverso l’orrore e il dominio della violenza, dal genocidio di massa fino alle fosse clandestine del narco-stato, passando per la sparizione forzata e il terrore come metodo di gestione dei territori, culminando in un sempre più opprimente tecno-controllo sociale volto all’annientamento di qualsiasi forma di resistenza o alterità. La vita, deve essere ottimizzabile e manipolabile, altrimenti è inutile, secondo un paradimga vigente ormai sdoganato senza pudori. Una parte consistente di umanità è considerata quindi sacrificabile, non solo attraverso le guerre guerreggiate, armate e comandate da remoto verso il “il sud-globale” o “l’altro dall’occidente” (Palestina, Siria, Ucraina, Sudan, Repubblica Democratica del Congo, Yemen, Venezuela, Colombia, e molti altri luoghi), ma dentro i confini territoriali degli stati nazionali e nei meandri amministrativi degli stessi: chi non si allinea, chi lotta, chi non si adagia, chi non è disponibile, chi è alterità, diventa vittima reale di una guerra interna. Il carcere e la repressione, in questo schema, sono lo strumento fondamentale della gestione e della riconversione della vita stessa in chiave capitalista e securitaria. Non c’è alcun diritto che tenga, nessuna giustizia scritta o costituzione nazionale, nessun etica formale, in grado di frenare questa macchina divoratrice. 

Il caso del compagno Yorch, il primo arresto

Il compagno anarchico Jorge Emilio Esquivel Muñoz, chiamato “El Yorch”, artigiano e cuoco, prigioniero politico, è stato assassinato lo scorso 9 dicembre da questa macchina, nelle patrie galere dello Stato messicano a Città del Messico. Anni di sequestro e una serie di violenze e omissioni da parte del sistema penitenziario, gli hanno strappato la vita. In una storia schifosa che provoca un’enorme rabbia bruciante, una tristezza nel doverlo nominare al passato. Nella Città del Messico vessillo della 4T morenista (quindi “progressista”), all’ombra di un Mondiale calcistico in arrivo, di un progetto politico ed economico estrattivista basato sul dominio culturale e sull’esproprio territoriale in nome del turismo e profitto immobiliare urbano, non c’è spazio per una vita fuori dai canoni del lavoro e della produzione. La vita di Yorch, infatti, era fatta di cultura punk e autogestione attorno all’Auditorio Occupato Che Guevara, una delle poche occupazioni politiche ancora viventi in Città del Messico, spazio anarchico all’interno dei confini universitari della Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM). Uno spazio che Yorch viveva e animava prima di essere arrestato ed eliminato.

Non è stato nessun destino a far morire Yorch, ma un complotto e una storia di violenza e ingiustizia da parte dello Stato e della tanto nominata e prestigiosa UNAM. 

Yorch è stato sequestrato in un agguato violento e armato il 24 febbraio 2016, nei pressi del Campus Universitario dell’UNAM, al termine di un evento culturale all’Okupa Che, preso e caricato su un furgone senza targa da circa 15 uomini in vestiti civili. Sulla base di accuse inventate e di una denuncia anonima falsificata, Yorch è stato imputato da parte della Procuraduría General de la República (PGR) di traffico di stupefacenti dopo che gli è stata nascosta una grande quantità di droghe diverse in uno zaino a lui attribuitogli (zaino che non appare mai durante la sua cattura nei video delle telecamere di sorveglianza, le cui le prove hanno dimostrato non riportare le sue impronte digitali). Processato per il reato di possesso di droga, è stato spostato tra il carcere federale di  Miahuatlán (Oaxaca) prima, e quello di massima sicurezza a Hermosillo (Sonora) dopo, a distanza di migliaia di chilometri tra sud e nord del territorio federale messicano, nel tenativo di complicare la sua difesa legale e di spezzare la solidarietà e la vicinanza da parte dell@ compagn@. Nel marzo dello stesso anno è stato rilasciato su cauzione, con una riduzione del reato a semplice possesione di droga. Continuano però le minacce, la stigmatizzazione mediatica e una campagna di criminalizzazione nei suoi confronti, da parte anche di ambienti interni all’università, arrivando ad accusarlo di appartenere alla criminalità organizzata o addirittura di dichiararlo morto in uno scontro armato tra bande.

Il secondo arresto 

La storia tristemente si ripete. La sera dell’8 dicembre 2022, cinque persone vestite da civili seguono Yorch dall’Okupa Che all’uscita dell’UNAM e, assieme ad altre dodici persone, anch’esse in abiti civili, lo sequestrano nuovamente con tre automobili senza targa e una auto della polizia locale del distretto di Coyoacán, senza ovviamente alcun ordine di arresto né comunicazione della motivazione per la sua detenzione. Portato al penitenziario Oriente di Città del Messico, la PGR presenta ricorso e ripristina le accuse del 2016. Incarcerato preventivamente per 18 mesi, nel giugno 2024 Yorch viene condannato ingiustamente a 7 anni e sei mesi di reclusione. Il processo è caratterizzato da continui ritardi e cancellazioni, compresa la ripresentazione delle prove nel novembre 2023. In seguito, la pena si assesta a 5 anni e 100 giorni di multa. Non vivrà abbastanza per scontarla.

Repressione contro la Okupa Che

La criminalizzazione qui passa attraverso l’arresto arbitrario e la fabbricazione di reati contro Yorch, una maniera per condannare la sua vita, il suo attivismo all’interno dell’Okupa Ché, nonché un attacco diretto allo spazio anarchico e alla sua esistenza politica. Infatti, già negli anni passati l’Okupa Che è stato oggetto di divesi attacchi da parte di porros (gruppi di picchiatori organizzati e pagati dall’Università il cui obiettivo è quello di provocare e aggredire i movimenti studenteschi e le lotte sociali) e costantemente vessato, spiato e controllato dalle guardie della sicurezza privata dell’UNAM. Un modus operandi storico ed efficace per il governo della Città del Messico, che utilizza costantemente la fabbricazione di reati falsi per smantellare e criminalizzare i movimenti sociali politici radicali, come successo recentemente nel caso di alcune compagne durante lo sgombero dell’occupazione Okupa Cuba nel 2022.

Dalla prigione alla tomba

Durante gli anni di reclusione tra penitenziario Oriente e Sur, il carcere e il suo mondo logorano la salute di Yorch. Viene torturato, isolato e punito in diverse occasioni, aggravando un progressivo deterioramento della salute a partire da una appendicite non curata da tempo; come denunciato più volte da familiari e compagn@, Yorch non ha mai ricevuto attenzioni mediche concrete. Nonostante presentasse sintomi gravi, la sanità penitenziaria si è limitata a somministrargli analgesici di base come il paracetamolo. La situazione è arrivata a un punto estremo con problemi neurologici gravissimi che gli impedivano di respirare da solo. Solo dopo diverse pressioni, il 1° novembre 2025 è stato trasferito all’Ospedale Generale di Topilejo, dove è stato ricoverato in uno avanzato stato di deterioramento dovuto al lungo periodo di negligenza e agli effetti che il criminale sistema carcerario e giudiziario comportano sulla salute di tutt@ le persone prigioniere, e ancora di più in questo caso, dove la violenza dello Stato e dell’UNAM hanno orchestrato la repressione contro di lui. Nelle ultime settimane, Yorch ha vagato da un posto all’altro senza che siano state fornite alcune informazioni precise da parte delle autorità penitenziarie e ospedaliere sulle sue condizioni. Solo all’ultimo, le persone solidali e al suo fianco hanno saputo che era stato intubato. La situazione di Yorch era purtroppo irreversibile, il suo corpo esausto e il 9 dicembre 2025, Yorch è venuto a mancare. 

Un monito contro tutt* i/le ribelli*

La sua morte è, a tutti gli effetti, un assassinio esemplare e brutale, un messaggio rivolto alla comunità anarchica e a chi prova a resistere in questa metropoli mostruosa e in questo Messico in guerra. La società carceraria, l’arroganza autoritaria, la mancanza di cure mediche e lo Stato hanno ucciso Jorge, come tanti altri compagni prima di lui nella storia degli oppressi. 

Se per l’appunto da un lato non è una storia nuova quella della brutalità dello Stato capitalista nell’eliminare i suoi nemici e le vite non produttive, dall’altro con profonda rabbia, sgomento e tristezza diamo addio un compagno, con la promessa di non dimenticare un crimine di Stato. Abbiamo salutato Yorch e ciò che rappresentava per l’ultima volta, questo mercoledì 10 dicembre 2025 nel cimitero di San Juan Iztapalapa a Città del Messico. 

Consideriamo molto grave che un compagno,un prigioniero politico, muoia dentro le carceri in questo modo, dopo anni di reclusione e negligenze mediche reiterate, senza che nessuna istituzione si prenda la responabilità di ciò che è successo. Perché la guerra alla vita è talmente necessaria e avanzata, che ammazzare di stenti un punk anarchico in prigione vuole essere la nuova normalità da usare come monito nei confronti di quelle “vite altre” inutili, in esubero, per lo stato capitalista e i suoi paridgmi di necessità. 

Ed è la stessa storia gravissima che condivide l’orrore e la tragedia della violenza istituzionale e della guerra totale alla vita, meccanismo quotidiano che si dà in Messico oggi, quello che più volte abbiamo definito in alcuni frangenti, come guerra di frammentazione territoriale, il cui saldo ci parla di più di mezzo milione di morti ammazzati e 130.000 desaparecidos in 19 anni. Solo che questa volta, non c’è nessun cartello o gruppo criminale dietro il quale nascondersi, nessun operativo speciale in nome della sicurezza da tirare in mezzo. C’è solo la violenza istituzionale e penitenziaria più bieca tesa a distruggere orizzonti di vita diversi, come quello di Jorge e del suo mondo ribelle.

La criminalizzazione continua e capillare  dei movimenti sociali e dei compagn@ è semplicemente un’altra arma, l’ennesima, tramite cui il governo messicano continua ad alimentare il business e la retorica della guerra, di cui politici, mafiosi e imprenditori traggono vantaggio, mentre intere comunità resistenti, urbane e rurali, sono dilaniate dalla violenza che sta divorando questo paese.

Un morto in più, un compagno in meno, un nome che si converte in cifra, come per ogni desaparecidxs, per ogni oppressx contadinx, per ogni marginatx metropolitanx, per ogni prigionerix nelle carceri, per ogni donna uccisa, per ogni migrante ammazzato nelle mille frontiere di questo Messico. Jorge è l’ennesima inaccettabile vittima di un capitalismo che uccide per accumulare ed espandersi sempre più ferocemente.

La fiamma ancora brucia

Ora, rimane il compito più grande e complicato: quello di esprimere la vendetta in chiave sociale, di convertire il dolore in lotta, di organizzare la resistenza e di battersi per far sì che quello che ha subito Jorge, non lo subisca mai più nessunx.

Abbracciamo con solidarietà e affetto gli amici e i compagni vicini a Yorch, la banda dell’Okupa Che, la comunità anarkopunk chilanga, i/le compagnx anarchichx della città del Messico e chiunque abbia accompagnato Yorch tanto nella sua vità in libertà, quanto in quella da recluso. Guardiamo con disprezzo, orrore e rifiuto le istituzioni disumane che hanno violato il suo corpo, il carcere e le sue mura maledette, il governo della Città del Messico e le autorità della UNAM, che hanno ammazzato Jorge per il fatto di essere punk, anarchico e ribelle.

Che resti viva la memoria di Yorch in ogni luogo di lotta.  

Che si moltiplichino le azioni in solidarietà in ogni dove.

Con amore e rabbia.

Che la terra ti sia lieve, Yorch.

Nodo Solidale